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Bulletin Quotidien Europe N° 8790
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/terrorisme

Entretien avec Gijs de Vries: le niveau de la menace reste élevé - Retards des Etats membres - Bonne coopération avec les Etats-Unis

Bruxelles, 21/09/2004 (Agence Europe) - "Le niveau de la menace terroriste reste élevé, pas question de réduire notre vigilance, tout le monde en est très conscient", a déclaré à l'Agence Europe le Coordinateur européen contre le terrorisme, Gijs de Vries, de retour de la réunion Troïka entre Européens et Américains samedi à La Haye sur le thème de la coopération contre le terrorisme (EUROPE d'hier, p.10). Nommé par le Conseil européen le 25 mars dans la foulée des attentats du 11 mars, entré en fonction quatre jours plus tard, le Néerlandais Gijs de Vries a avant tout pour fonction de coordonner tous les travaux liés au terrorisme au sein du Conseil, et de s'assurer que les textes adoptés soient bien appliqués. Pour assurer des progrès, M. de Vries met en avant le renforcement en cours du Centre de situation (Sitcen), cellule d'analyse du renseignement du Conseil chargée de rassembler et diffuser le renseignement sur les zones dans lesquelles l'UE est impliquée ou envisage de le faire. Le Sitcen s'intéressera aussi, désormais, à la situation au sein de l'UE. Cela "servira à analyser la menace, pas dans un seul pays de l'Union mais dans l'Europe en tant que telle, à voir quels sont les développements, par exemple, pour la radicalisation des cercles islamistes". La procédure pour la venue d'experts des ministères de l'intérieur est ouverte. De plus, avec l'élargissement, le nombre de représentants des ministères des Affaires étrangères au Sitcen (six à ce jour) devrait lui aussi augmenter, précise M. de Vries.

"Là où il n'y a pas assez de progrès, c'est dans l'application des décisions", déplore Gijs de Vries Le passage par les Parlements nationaux "traîne parfois". En effet, aucun des textes de coopération judiciaire et policière adoptés depuis le 11 septembre 2001 n'est encore appliqué dans toute l'UE (EUROPE du 18 septembre, p.8). "Tout en acceptant à 150% le droit des parlements nationaux de travailler de manière sérieuse et détaillée, je crois qu'il est tout à fait possible de faire ce travail plus vite: faut-il le maintien d'une réserve parlementaire pour plus d'un an?", se demande M. de Vries. S'agit-il de blocages politiques? "Pas dans la plupart des cas, mais il y a des exceptions", souligne-t-il, en citant le refus du président tchèque de signer le mandat d'arrêt européen.

Comme les autres participants à la Troïka UE/US l'avaient fait la veille en conférence de presse (EUROPE d'hier, p.10), le coordinateur antiterrorisme a cherché, tout au long de l'entretien, à arrondir les angles, sans s'attarder sur les divergences politiques ou les séquelles de la guerre en Irak. "Je n'ignore pas ces questions, mais il faut mentionner ce qu'il y a sur le terrain", a-t-il insisté, en citant: "l'excellente coopération au niveau des services de sécurité", le travail, "ensemble" des Européens et Américains à l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) pour des normes internationales pour la sécurité des transports, la coopération à Interpol pour utiliser la base de données des passeports volés... Bien que né aux Etats-Unis, je n'ai jamais cherché à obtenir le passeport américain auquel j'aurais probablement droit, indique-t-il.

"Pour ajouter aux nuances, l'UE a toujours maintenu qu'il faut mener la lutte contre le terrorisme dans le respect des droits fondamentaux", observe M. de Vries. Pour autant, interrogé sur si la question de Guantanamo devait être abordée par l'Union européenne au Conseil informel JAI du 30 septembre (auquel participera le Procureur général américain John Ashcroft), il se borne à indiquer que "jusqu'à présent, les Etats qui ont des prisonniers se sont entretenus directement avec les autorités américaines", ce qu'il trouve "assez normal".

Quelle est la durée de son mandat en tant que coordinateur antiterrorisme? "Autant que nécessaire, aussi longtemps que Javier Solana aura besoin de moi", répond Gijs de Vries.

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