Bruxelles, 24/05/2004 (Agence Europe) - Les discussions entre le Commissaire européen Mario Monti et le ministre français des Finances Nicolas Sarkozy se sont poursuivies sans relâche, au cours du week-end de l'Ascension, afin de concrétiser les bases de l'accord esquissé, une semaine auparavant, sur le dossier Alstom (voir EUROPE du 18 mai, p.13). L'accord définitif semble avoir des difficultés à aboutir. La Commission entend en effet faire respecter très strictement par la France les règles européennes et rappelle, dans un communiqué, l'importance des partenariats industriels, "des éléments essentiels pour l'accord de la Commission" afin de garantir la viabilité à long terme de l'entreprise et remédier aux distorsions concurrentielles créées par l'aide en question.
Le Commissaire Monti a ainsi insisté auprès du ministre français sur "la nécessité d'engagements clairs" en ce qui concerne ces partenariats, qui doivent concerner "une partie significative des activités d'Alstom", précise encore la Commission. Et d'ajouter: "dans un délai déterminé". Il y aurait donc quelques réticences, de la part de la France, à lever toute ambiguïtés dans les partenariats industriels qu'elle envisage pour Alstom, et l'Exécutif européen ne l'entend pas de cette oreille. Selon l'AFP, la Commission refuserait l'idée d'un adossement d'Alstom à un groupe étatique ; or, la France envisageait justement un partenariat avec Areva, groupe public français spécialisé dans le nucléaire. Une situation qui devrait faire renaître l'espoir du côté de l'Allemand Siemens, intéressé par les activités dans les turbines d'Alstom mais dont la candidature n'était pas privilégiée par le gouvernement français, plutôt attentif à un partenariat franco-français.
Au début de la semaine dernière, les parties se réjouissaient de l'avancement des discussions et ne cachaient pas se trouver "très proches d'un accord" qui devait être finalisé "avant la fin de la semaine". Deux jours plus tard, le porte-parole du Commissaire Monti, Tilman Lueder, mettait déjà un bémol à la perspective d'un accord imminent, soulignant qu'on "n'y est pas encore" et que la Commission n'allait pas mettre en péril la validité d'un accord pour une question de délais.
La déclaration officielle de la Commission, lundi, ne laisse donc pas présager l'imminence d'un accord, qui semble suspendu à la bonne volonté de la France. Nicolas Sarkozy a reconnu pour sa part qu'il subsistait "un point de discussion". "Si tout me convenait, on aurait déjà trouvé un accord, mais on le trouvera quand même", a confié le ministre à l'Agence France Presse. Se refusant toujours à toute hypothèse quant à un quelconque calendrier pour la conclusion d'un accord définitif, M.Lueder a déclaré lundi que la Commission était "consciente des enjeux financiers" et qu'elle essaierait de formaliser "le plus vite possible" l'accord en discussion. Le porte-parole a réitéré le désir de la Commission de trouver "un bon accord", mais a averti que pour cela, "on a besoin d'une confirmation sans ambiguïtés de la part de la France".