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Bulletin Quotidien Europe N° 8694
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/concurrence

Oui conditionnel au rachat d'Aventis par Sanofi

Bruxelles, 27/04/2004 (Agence Europe) - Comme nous l'avons indiqué, la Commission européenne a autorisé lundi soir, sous réserve de certaines conditions, l'offre publique d'achat de Sanofi-Synthelabo sur son concurrent Aventis. Le feu vert laisse la voie libre pour la création de la troisième plus grande entreprise pharmaceutique mondiale, derrière l'Américain Pfizer et le Britannique Glaxosmithkline. Baptisé Sanofi Aventis, le nouvel ensemble réalisera un chiffre d'affaires annuel proche des 25 milliards d'euros avec un effectif de 103.000 personnes. Lors de son examen, la Commission avait relevé des problèmes sérieux en matière de concurrence sur plusieurs marchés de médicaments à usage humain. Afin de les résoudre, Sanofi a concédé plusieurs cessions qui concernent les produits suivants: la vitamine B12 (A11F) utilisée pour soigner certaines formes d'anémie, les agents inotropes positifs (C1F) utilisés pour soigner l'insuffisance cardiaque, les vasodilatateurs périphériques et cérébraux (C4A), destinés à améliorer la circulation artérielle, les anti-variqueux topiques (C5B), les macrolides et assimilés (J1F), utilisés pour soigner les infections ORL, les antibiotiques glycopeptides (J1X1), les anti-rhumatismaux spécifiques (M1C), les décontractants musculaires (M3B), les hypnotiques et sédatifs (N5B), les héparines et dérivés utilisés pour soigner les thromboses, et enfin les traitements du cancer colorectal. La Commission estime que ces cessions rétabliront une situation concurrentielle.

Longtemps hostile à une fusion qu'il jugeait défavorable pour lui, Aventis est finalement arrivé le week-end dernier à un accord avec Sanofi qui a fortement revu son offre à la hausse (68,90 euros offerts pour chacune de ses actions au lieu de 60,43 initialement), avec le concours du gouvernement français, favorable au rapprochement de deux groupes français. La Commission a déclaré, pour sa part, qu'elle n'avait aucune raison de poursuivre la France car celle-ci n'avait engagé aucune action contraire aux règles européennes. Alors que le Suisse Novartis s'était lui aussi déclaré intéressé par Aventis mais était freiné par l'attitude hostile de la France, la Commission avait déclaré, à l'époque, qu'elle examinerait attentivement toute mesure que le gouvernement français pourrait prendre pour bloquer l'offre du groupe suisse afin de voir si elle n'était pas contraire aux règles sur la libre circulation des capitaux (voir EUROPE du 7 avril, p.10). Finalement, Novartis n'a jamais déposé d'offre. "La Commission peut poursuivre un Etat membre pour ses actions, non pour ses paroles. (...). Si la France avait pris des mesures pour bloquer le rachat d'Aventis, on les aurait examinées (...). Il n'y a pas eu de telles mesures, donc il n'y aura pas d'action de la part de la Commission", a souligné Jonathan Todd, porte-parole du Commissaire Bolkestein. Lors d'une réunion lundi dernier, le Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin s'est défendu de jouer un rôle protectionniste, expliquant qu'il souhait simplement "que se construise autour de grands pôles une vraie politique industrielle européenne dans laquelle la France puisse jouer un rôle fort". Quant aux syndicats et membres du personnel des deux groupes, l'inquiétude est perceptible, étant donné les risques de suppression d'emplois que la fusion entraînera certainement (voir aussi p.14).

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