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Bulletin Quotidien Europe N° 8641
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/biodiversite

à la conférence mondiale de Kuala Lumpur, Margot Wallström plaidera pour l'établissement d'un réseau mondial de zones protégées

Bruxelles, 09/02/2004 (Agence Europe) - La septième conférence internationale sur la biodiversité biologique (COP 7) s'est ouverte lundi à Kuala Lumpur (Malaisie) où elle réunira jusqu'au 20 février les représentants des 188 parties à la Convention cadre des Nations Unies sur la biodiversité biologique, signée à Rio en 1992 au sommet « Planète Terre ». L'objectif de cette conférence est d'adopter des mesures pour atteindre l'objectif que se sont fixé les parties de réduire de manière significative le taux de déperdition de la biodiversité à l'horizon 2010.

Margot Wallström, Commissaire à l'Environnement qui représentera la Commission européenne pour la partie ministérielle de cette conférence (18-19 février), a souligné lundi à Bruxelles l'urgence d'agir, réitérant devant la presse l'appel au sursaut international qu'elle avait lancé à la Conférence paneuropéenne sur la biodiversité (voir EUROPE du 17 janvier, p.11). Rappelant que l'engagement pris par l'UE est encore plus ambitieux puisqu'il vise à stopper la tendance au déclin de la biodiversité à l'horizon 2010, la Commissaire a déclaré: «il ne nous reste plus que six ans pour nous donner les moyens de tenir notre promesse. Il nous faut agir sur le champ ». Les données qu'elle a citées sont alarmantes: d'après certains experts, les espèces disparaissent aujourd'hui à un rythme 1000 à 10 000 fois supérieur au rythme naturel. Lions d'Afrique et d'Asie, orangs-outangs, tigres, alligators de Chine sont menacés, tout comme le vison d'Europe, le renard polaire, plusieurs variétés d'écureuils et de lézards et tous les dauphins phoques et baleines. Sur l'ensemble du continent européen 42% des mammifères sont menacés, 15% des oiseaux, 45% des papillons, 30% des amphibiens, 45% des reptiles et 52% des poissons d'eau douce. « La question n'est pas de savoir s'il y a eu un jour de la vie sur Mars, mais s'il y aura encore de la vie sur terre. La biodiversité n'est pas un luxe, c'est une condition nécessaire à la vie. L'humanité n'a pas le droit d'exterminer des espèces ou des habitats. A Kuala Lumpur, nous demanderons l'établissement d'un réseau mondial de zones protégées d'ici à 2010 pour les zones terrestres et 2012 pour les zones marines et un renforcement de la mise en œuvre du plan stratégique de la Convention, en particulier en coopération avec les pays en développement, car ce sont eux qui concentrent l'essentiel de la diversité biologique mondiale et qui seront les premiers à pâtir de la disparition des écosystèmes», a ajouté la Commissaire.

Le rôle des zones protégées et des transferts de technologies, les droits des peuples autochtones et des communautés locales seront également à l'ordre du jour. A Kuala Lumpur, la communauté internationale devrait décider de l'opportunité ou non de lancer des négociations sur un régime international contraignant pour régir l'accès aux ressources génétiques et au savoir-faire traditionnel qui leur est associé, ainsi que sur la distribution juste et équitable des avantages résultant de leur utilisation. Cela signifierait que les entreprises et les instituts de recherche ayant accès aux ressources génétiques végétales et animales de certains pays auraient en contrepartie l'obligation de partager, avec les propriétaire ou les fournisseurs du matériel génétique, les avantages financiers et scientifiques résultant de l'utilisation de ce matériel. Certaines parties à la Convention, notamment un groupe de pays en développement dont la diversité biologique est très riche, sont demandeurs d'un nouvel instrument international.

Sur ce point, la Commission plaide en faveur de la mise en oeuvre des lignes directrices adoptées en 2002 par les parties à la Convention (dites «lignes directrices de Bonn »). Sa communication du 23 décembre 2003 sur le partage des avantages tirés de l'exploitation des ressources génétiques des plantes exotiques avec leur pays d'origine poursuit cet objectif (voir EUROPE du 10 janvier, p. 12). Mais la Commission serait disposée à envisager d'autres mesures pour combler, si nécessaire, les lacunes observées dans le dispositif actuel au vu de l'expérience acquise dans l'application des lignes directrices.

En revanche, les ONG environnementales que rassemblent Friends of the Earth International se disent préoccupées par l'éventualité de telles règles, contraires selon elles aux objectifs de la Convention. « De nouvelles règles fondées sur la marchandisation des ressources naturelles seraient inacceptables car elles faciliteraient le pillage des ressources biologiques au lieu de l'endiguer. Elles feraient perdre toute crédibilité à la Convention sur la biodiveristé », met en garde Simone Lovera, dans un communiqué. Considérant que la déforestation et l'industrie extractive sont les deux principaux responsables de la perte de diversité biologique et culturelle, Friends of the Earth International appelle les parties à la Convention à interdire tout abattage du bois à des fins commerciales dans les forêts tropicales, interdire les activités extractives au moins dans toutes les zones protégées de la planète, garantir la sauvegarde des droits des populations autochtones et des communautés locales dans le projet de plan de travail sur les zones protégées, ne pas entamer de négociations « sur un régime de pillage des ressources biologiques qui permettrait de breveter la vie et de traiter la biodiversité et le savoir-faire traditionnel associé comme des marchandises ».

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