Bruxelles/Moscou, 10/10/2003 (Agence Europe) - Il n'y a rien d'abusif dans ce que l'Union demande à la Russie dans les négociations visant à préciser les termes de l'accession de ce pays à l'Organisation mondiale du commerce, a-t-on indiqué, vendredi, à la Commission européenne, en réponse aux accusations lancées la veille à Moscou. "Nous ne demandons pas aux Russes de faire des concessions déraisonnables et nous ne cherchons pas à leur imposer des obligations autres que celles de l'OMC, ni à influencer les décisions qui seront prises au niveau national", a déclaré la porte-parole du Commissaire responsable du commerce Pascal Lamy dont la visite est attendue à Moscou, le 16 octobre prochain. C'est le président Vladimir Poutine qui est lui-même monté au créneau, peu après la tenue d'une nouvelle session de négociation à Bruxelles, en dénonçant "la position injustifiée et malhonnête" de l'Union concernant la libéralisation du marché russe de l'énergie (voir EUROPE du 8 octobre, p.11). "Le jour viendra, a-t-il dit, où nous devrons adopter les prix internationaux mais nous le ferons étape par étape" car "l'industrie énergétique russe est héritée de l'industrie soviétique et ne peut pas adopter les prix internationaux du jour au lendemain, sinon toute l'économie russe va s'effondrer". Alors, s'irrite-t-il, "soit les bureaucrates européens ne le comprennent pas, soit ils veulent empêcher la Russie d'entrer à l'OMC", d'autant qu'il est "incorrect", selon lui, de parler des prix de l'énergie dans le cadre des négociations sur l'accession à l'OMC". Ce problème doit être abordé dans "celui des négociations avec l'Union", a-t-il ajouté, en référence, semble-t-il, aux travaux en cours sur le projet de partenariat énergétique euro-russe.