Luxembourg, 03/06/2003 (Agence Europe) - Les ministres de l'Emploi et des Affaires sociales de l'Union élargie sont convenus, ce mardi à Luxembourg, d'une orientation générale sur les nouvelles lignes directrices pour l'emploi qui reflètent, comme l'a souligné le Président du Conseil Dimitris Reppas, "les objectifs de la stratégie de Lisbonne, à savoir arriver à un taux d'emploi élevé, créer des emplois de qualité et plus nombreux et mettre en place des marchés du travail favorisant la cohésion sociale". Ces lignes directrices fixent dix priorités stratégiques d'action dans les Etats membres et contiennent des recommandations individuelles (voir EUROPE du 8 avril, p.10). Après l'avis du PE, ces nouvelles lignes directrices seront formellement adoptées lors d'un prochain Conseil afin d'être soumises au Sommet de Thessaloniki. Ces dix priorités consistent entre autres à aider les chômeurs à trouver un emploi, créer un environnement adéquat au démarrage de jeunes entreprises, promouvoir l'adaptabilité des travailleurs et la mobilité professionnelle et géographique, investir dans les ressources humaines, encourager le travail des actifs âgés. Quant aux recommandations en matière d'emploi, elles concernent plus particulièrement les personnes actives d'un âge avancé, l'égalité des genres, l'apprentissage tout au long de la vie, la modernisation des services d'emploi, etc. Ces recommandations tiennent compte des suggestions formulées lors du Sommet de printemps en mars dernier (elles sont faites chaque année, depuis l'an 2000).
Au cours d'une conférence de presse, la Commissaire Anna Diamantopoulou a relevé que les dix futurs Etats membres avaient déjà pris des mesures importantes dans ce domaine et s'étaient préparés à la stratégie européenne pour l'emploi. "L'objectif de la réforme du marché du travail et de l'emploi est d'insister sur les objectifs quantitatifs", a déclaré la Commissaire en précisant: "l'utilité de ces réformes n'est plus à prouver. En dépit du ralentissement de l'économie, les marchés du travail de l'UE sont devenus plus résistants, à la faveur des cinq années de stratégie européenne pour l'emploi". Pour Mme Diamantopoulou, "la nouvelle UE à 25 doit toutefois créer 25 millions d'emplois supplémentaires d'ici 2010 afin de parvenir au plein emploi, objectif fixé à Lisbonne".
Quant aux autres dossiers à l'ordre du jour, les ministres devaient parvenir à un accord politique sur le statut de la société coopérative européenne ainsi que sur la proposition visant à créer un comité consultatif unique pour la santé, la sécurité et l'hygiène au travail. Ils ont adopté deux résolutions: sur le capital social et humain dans la société de la connaissance, et sur la promotion de l'emploi et l'intégration sociale des personnes souffrant d'un handicap. Les ministres ont pu également dégager un accord sur la simplification et la modernisation des systèmes de sécurité sociale (règlement n°1408/71). Comme l'a souligné Dimitris Reppas, "la Présidence a bouclé trois chapitres de ce dossier: les pensions, les retraites pour cause d'invalidité et les différents avantages en découlant". Les débats à ce sujet pourront donc être conclus d'ici la fin de l'année.
Les ministres ont encore entendu la Commissaire Diamantopoulou leur présenter les communications récemment adoptées sur: la rationalisation (streamlining) des systèmes de protection sociale et la révision à mi-terme de l'agenda sur la politique sociale. Ils ont pris connaissance de la nouvelle communication, adoptée le 3 juin à l'initiative d'Anna Diamantopoulou et de son homologue à la Justice Antonio Vitorino, sur "l'immigration, l'intégration et l'emploi" (voir autre nouvelle). Mme Diamantopoulou leur a aussi expliqué les progrès accomplis dans l'établissement de la carte européenne d'assurance maladie.