Luxembourg, 03/06/2003 (Agence Europe) - Les ministres de l'Economie et des Finances de la zone euro, réunis lundi soir à Luxembourg sous la présidence de Nikos Christodoulakis, ont confirmé qu'ils s'attendaient à une reprise de la croissance économique au cours des six derniers mois de l'année et ont répété, comme au mois de mai, qu'un euro fort est dans l'intérêt de la zone euro. Le risque de déflation a été pour le moment écarté par l'Eurogroupe, en raison justement de la faiblesse de la conjoncture économique.
Pour l'Eurogroupe, la reprise de la croissance économique au cours du deuxième semestre de cette année "semble de plus en plus probable", a déclaré M. Christodoulakis. "Cela dit, le rythme de la reprise sera peut-être affecté par certaines évolutions sur le marché de l'emploi", a-t-il ajouté. Selon l'Eurogroupe, "la croissance va s'accélérer conformément aux prévisions de printemps de la Commission", a noté M. Christodoulakis. Le Commissaire Pedro Solbes a estimé pour sa part que la reprise attendue après la fin des opérations militaires en Irak "n'a pas encore vu le jour", mais un certain nombre de données viennent confirmer l'espoir d'une reprise de l'activité économique au second semestre: - réduction de certaines tensions géopolitiques; - baisse des prix du pétrole; - ralentissement de l'inflation; - augmentation du pouvoir d'achat des ménages; - baisse des taux d'intérêt à long terme. Toutefois, selon M. Solbes, les signes encourageants apparus jusqu'ici ne permettent pas de résoudre le problème essentiel de l'économie européenne, à savoir "la faiblesse du potentiel de croissance et l'importance capitale de la demande intérieure". Un problème qui a été souligné une fois de plus dans les grandes orientations de politique économique (Gope).
Au sujet de l'évolution de l'euro par rapport au dollar, l'Eurogroupe a encore noté que "la force de l'euro a contribué à contenir les pressions inflationnistes, ce qui a permis d'encourager le pouvoir d'achat des ménages et la demande intérieure". C'est ce qu'a constaté M. Christodoulakis, avant de répéter: "Un euro stable et fort est dans l'intérêt de la zone euro et de l'économie mondiale". Les ministres de l'Economie et des Finances des Etats membres de la zone euro ont confirmé que la demande interne dépend très fortement de la reprise de la confiance des acteurs économiques. "Il est donc indispensable que les grandes orientations de politique économique fixent des priorités claires en matière d'actions politiques et qu'elles soient pleinement mises en œuvre", a déclaré M. Christodoulakis. Les ministres ont également noté "avec satisfaction une nouvelle chute de l'inflation, ce qui permet d'augmenter les revenus réels et de soutenir la demande intérieure", a précisé le Président de l'Eurogroupe, en ajoutant: "étant donné les perspectives de croissance, nous ne pensons pas qu'il existe un risque de déflation".
Le directeur du Fonds monétaire international, Michael Deppler, a présenté à l'Eurogroupe les conclusions des missions réalisées par son institution dans la zone euro. Selon M. Christodoulakis, l'Eurogroupe partage l'opinion du FMI sur la probabilité d'une reprise économique au cours de cette année et aussi sur le fait qu'il n'existe pas de risque de déflation dans la zone euro.
Outre le dossier des déficits excessifs en France (voir autre nouvelle), l'Eurogroupe a examiné la situation budgétaire en Allemagne. Comme lors de la présentation à la presse du rapport 2003 sur les finances publiques dans l'UEM (EUROPE du 22 mai 2003, p.9), M. Solbes a estimé que l'Allemagne s'est conformée aux recommandations du Conseil du 21 janvier dernier (sur la procédure pour déficit excessif) en adoptant des mesures de nature à réduire d'un point de pourcentage son déficit structurel en 2003. Le Commissaire a rappelé que le déficit nominal de l'Allemagne devrait dépasser légèrement les 3% en 2003 (en raison surtout des mauvaises perspectives de croissance) et repasser sous les 3% du PIB en 2004.