Bruxelles, 28/02/2003 (Agence Europe) - L'accord obtenu jeudi après-midi au Conseil sur le regroupement familial peut être vu de deux manières très différentes: on peut se féliciter qu'il s'agisse du premier texte relatif à l'immigration légale sur lequel les Quinze se mettent d'accord ou, au contraire, regretter qu'il ne propose qu'un très petit dénominateur commun qui ne devrait pas avoir beaucoup d'effets dans la pratique (voir EUROPE d'hier, p. 8). Le Commissaire européen Antonio Vitorino partage à la fois ces deux points de vue. Interrogé par la presse jeudi soir, il a reconnu «que la proposition a été progressivement diluée (…), réduite en son champ d'application, sa définition de la famille, et ses dispositions juridiquement contraignantes ». A l'ouverture des discussions au Conseil, M. Vitorino s'était interrogé sur la valeur ajoutée qu'il restait dans ce texte. Pour autant, il a assuré en conférence de presse que l'accord politique intervenu après trois ans de difficiles discussions était « une surprise agréable ». Il a insisté sur le symbole que constitue le fait d'avoir conclu un premier accord européen sur l'immigration légale. « Certains dans l'UE pensent que l'Union européenne n'a rien à faire dans ce domaine, l'accord montre clairement que oui, même si c'est à un niveau minimal », a-t-il déclaré, estimant qu'il s'agit d'un « bon début ». Le Président du Conseil Michalis Chrisochoïdis, ministre grec de l'ordre public, a salué « un pas en avant très important ». Si l'accord politique est rapidement confirmé, le Conseil aura respecté l'échéance de l'adoption pour le mois de juin fixée par le Conseil européen de Séville.
A propos des discussions difficiles sur les droits des réfugiés et des personnes bénéficiant de la protection subsidiaire, M. Vitorino a parlé « d'un accord très large, pratiquement à quatorze » et souligné « son espoir d'arriver à respecter l'échéance de Séville de juin 2003 ». Le quinzième Etat membre, c'est l'Allemagne (voir EUROPE d'hier p.8), mais elle n'est pas la seule à mettre des réserves sur le texte.