Bruxelles, 22/01/2003 (Agence Europe) - Poul Nielson, Commissaire européen à la politique de Développement et à l'Aide humanitaire, se rend le 23 janvier en Afrique australe pour une visite officielle en Zambie (23-24 janvier), en Angola (25-28 janvier) et en Afrique du Sud (29 janvier). Dans ces trois pays, il conclura les stratégies de coopération, aura des discussions bilatérales avec les plus hautes instances et examinera la mise en œuvre de programmes financés par la Commission.
Poul Nielson accuse les Américains de mensonge à propos des OGM refusés par la Zambie
Invité à commenter le refus par la Zambie de l'aide alimentaire américaine au motif qu'il s'agissait de maïs génétiquement modifié, Poul Nielson s'est indigné de ce que les Américains osent prêter à l'Union une quelconque responsabilité dans cette affaire. « Si les Américains cessent de dire des mensonges à notre sujet, nous arrêterons de dire la vérité les concernant », a-t-il ironisé, accusant ouvertement Robert Zoellick, représentant des Etats-Unis pour le Commerce, d'avoir fait «circuler le mensonge selon lequel l'Union européenne aurait menacé de réduire son aide si les Zambiens acceptaient des OGM ». Et d'ajouter: Cela va trop loin. Il est temps de revenir à un échange de vues plus civilisé », s'est exclamé le Commissaire, en ajoutant: « depuis le début, nous avons dit clairement que nous ne voyons pas de problème, du strict point de vue de la consommation, dans les produits alimentaires offerts à la Zambie et aux pays voisins. Nous avons aussi dit clairement qu'il ne nous appartenait pas, pas plus qu'à quiconque des partenaires extérieurs, de dicter la politique d'un autre pays. Je trouve très étrange que les Etats-Unis ne soient pas prêts à payer pour le moulage du grain, coût désormais assumé à leur place par le programme alimentaire mondial.
Nous avons également dit clairement que nous trouvions préférable de procéder comme nous le faisons, c'est- à-dire en achetant de la nourriture sur les marchés locaux au lieu d'utiliser une crise alimentaire dans un pays comme une opportunité de se débarrasser de surplus. Jusqu'à présent, notre contribution substantielle à la région est couverte à 90% par des achats, et nous n'avons créé aucune distorsion de prix dans la région, parce que l'une des raisons de la crise, c'est l'absence de mécanismes de marché. En achetant, nous fonctionnons comme un catalyseur».
Le problème du Zimbabwe ne doit pas compromettre le Sommet Europe-Afrique
Interrogé sur la tenue du prochain Sommet Europe/Afrique (Lisbonne, les 4 et 5 avril prochains) et sur les moyens d'empêcher tout problème éventuel lié à la participation du Zimbabwe, Poul Nielson a confirmé qu'il profiterait de son voyage en Afrique australe pour débattre de cette question avec ses interlocuteurs. Selon lui, «eu égard à l'importance stratégique du dialogue euroafricain, ce serait une erreur de bloquer ce dialogue » ; il faut donc tout faire pour garantir son succès en surmontant la difficulté, comme avait été résolue la question de la participation du Maroc lors du premier Sommet Europe Afrique, au Caire.
A propos de la crise en Côte d'Ivoire, le Commissaire a déclaré: « Nous soutenons Ecowas afin d'organiser et de faciliter les efforts dans la région, mais le sentiment dominant est la frustration et l'impuissance. Nous sommes limités dans ce que nous pouvons faire en tant qu'outsiders ». Pour autant, il convient, selon lui, de déterminer ce qui peut être fait dans le cadre de la coopération courante. « Il existe encore un gouvernement avec lequel nous collaborions avant la progression des rebelles. Il ne faut pas pénaliser le pays », a-t-il dit.