Bruxelles, 22/01/2003 (Agence Europe) - Le Comité conjoint de coopération UE-CCG (Conseil de coopération du Golfe: Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman, Qatar) se réunit le 28 janvier à Bruxelles. Sa tâche sera d'élaborer un rapport à l'intention des ministres des Affaires étrangères des six pays et de l'UE qui se retrouveront en mars prochain à Doha (Qatar) dans le cadre du Conseil conjoint de coopération, structure instituée par l'accord de juin 1988 signé par les deux groupes de pays. La dernière session, la douzième, avait eu lieu à Grenade en février 2002. C'est un ordre du jour classique qui est annoncé: dialogue politique, coopération économique, monétaire, dans les domaines de l'investissement et de la coopération entre entreprises. Les questions liées au marché de l'énergie sont à chaque fois indirectement soulevées par le biais de l'examen de la santé économique des deux régions. Parallèlement, les deux groupes poursuivent leurs négociations pour la conclusion d'un second accord axé sur le libre-échange réciproque. Une nouvelle session de négociation est envisagée en marge de la ministérielle de Doha. De grandes avancées seraient déjà accomplies. La Commission européenne et le secrétariat général du CCG se sont employés au cours des deux dernières années à relancer ces négociations qui avaient marqué le pas du fait de l'accumulation de griefs réciproques en matière commerciale, en particulier de la conviction des pays du CCG que l'UE demeure résolument protectionniste (aluminium, produits de la pêche, produits dérivés du pétrole, etc.). La tâche des deux équipes de négociateurs a été surtout de clarifier la situation. Divers séminaires techniques sont régulièrement organisés pour ce faire, dont un sur l'utilisation de l'euro dans les transactions commerciales début 2002.
Durant cette phase, la Commission européenne s'était placée en attente des développements initiés au sein du groupe des six pays du CCG en vue de leur intégration économique et monétaire et qui ont abouti à la mise en place d'un tarif douanier commun - effectif depuis ce mois de janvier 2003 - dont Bruxelles avait fait la condition pour la conclusion d'un accord de libre-échange réciproque, comme elle demande aussi l'adhésion de chacun des pays du CCG à l'OMC. Seule l'Arabie saoudite n'en est pas encore membre, mais les négociations en cours seraient en bonne voie.
Les sessions conjointes sont aussi l'occasion pour les deux groupes de pays d'évoquer les aspects culturels et surtout politiques de leurs relations: les développements internes (lors de la dernière session, à Grenade, l'UE avait salué l'avènement du Bahreïn à la démocratie représentative) et externes: Moyen-Orient, Irak, Iran, etc..
La perspective d'échanges de vues à ce sujet, fin janvier comme en mars prochain au niveau des ministres, prend dans le contexte actuel dans la région un relief particulier et il n'est pas exclu que la session ministérielle à Doha soit réunie dans un contexte de guerre. Elle formerait alors une enceinte de choix pour des concertations directes UE-CCG sur l'après-conflit. Parmi les thèmes susceptibles d'émerger dans un tel contexte: le rôle des pays du Golfe dans un éventuel Irak post-Saddam.
Selon une source proche du CCG, une coopération renforcée avec ce pays est d'emblée envisageable entre « pays frères », comme ce fut le cas, rappelle cette source, durant la guerre avec l'Iran. Mais il ne serait pas question d'envisager l'adhésion d'un Irak transformé au CCG, qui reste avant tout un « club de monarchies pétrolières » riches, recroquevillé sur lui-même comme l'illustre le récent refus poli opposé au Yémen qui avait espéré en faire partie. Le voisin pauvre sera néanmoins associé à divers programmes économiques et culturels (jeunesse, sport, etc.).
Notons que le CCG, qui a déjà sa représentation diplomatique à Bruxelles, a donné son feu vert, en décembre dernier à Doha, à l'ouverture d'une délégation de la Commission européenne à Riyadh.