Bruxelles, 22/01/2003 (Agence Europe) - Le représentant du gouvernement britannique à la Convention européenne, le ministre pour le Pays-de-Galles Peter Hain, a été très clair - lors d'une conférence mercredi au CEPS (Centre for European Policy Studies) dirigé par Daniel Gros - dans son appui à la proposition franco-allemande sur un Président du Conseil européen à temps plein: "dans la dernière ligne droite", la Convention européenne devrait finir par accepter "un arrangement de ce type", a-t-il estimé. Selon lui, ceci contribuerait au maintien de l'équilibre institutionnel, avec, à côté du Conseil, une Commission "forte": nous avons même besoin, a-t-il ajouté, d'une "Commission plus forte", comme à l'époque de Jacques Delors (même si Delors "n'était pas la personne préférée" de Mme Thatcher, a commenté M.Hain). "Je ne comprends pas pourquoi, si on veut une Commission forte, on est critiqué parce qu'on veut aussi un Conseil plus fort", s'est exclamé le ministre, pour qui la proposition franco-allemande a le mérite d'avoir "brisé l'impasse", même si les détails doivent être évidemment négociés. M. Hain ne comprend pas non plus pourquoi "les mêmes personnes qui veulent que l'UE ait un rôle plus fort dans le monde veulent maintenir le système de "chaises musicales" pour la présidence du Conseil".
Le futur Président du Conseil européen "ne sera pas un Monsieur ou une Madame Europe, ni un rival du président de la Commission", a assuré Peter Hain, avant d'esquisser une "job description" selon laquelle le président: développerait en particulier "l'agenda stratégique" de l'Union, préparerait l'agenda des Conseils européens ("ensemble avec le Président de la Commission") et leurs conclusions, aurait des contacts réguliers avec les chefs de gouvernement (là, M. Hain a noté avec intérêt le changement d'attitude du Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen qui, a-t-il dit, n'ose pas imaginer des tournées des capitales pré-sommet dans une Europe à 25: voir EUROPE du 16 janvier, p.5) et, en quelque sorte, "vanterait les effets bénéfiques de l'Union auprès des Etats membres", participerait à des trilogues réguliers avec les présidents de la Commission européenne et du Parlement européen, serait "le visage extérieur" de l'Union "à son niveau" (il sera, par exemple, l'interlocuteur de Bush, alors que le futur ministre des Affaires étrangères parlera avec Colin Powell),et dirigerait la délégation européenne aux Sommets du G8.
En même temps, Peter Hain reconnaît l'importance que la rotation de la présidence du Conseil a pour la plupart des Etats membres, et suggère que, Conseil Affaires générales/Relations extérieures mis à part, deux des environ huit Conseils spécialisés qui resteraient soient présidés par quatre Etats membres, pour une période, par exemple, d'un an, en veillant à ce qu'il s'agisse à chaque fois de trois petits pays et un grand, d'anciens Etats membres et de nouveaux.
Quant à la Commission européenne, selon Peter Hain, il faudrait en particulier renforcer son rôle de gardienne du traité, introduire dans ses rapports annuels des "score-boards" comme ceux qu'elle publie régulièrement sur le marché intérieur, réformer le système de la "comitologie" pour lui permettre de mieux travailler... Pour M. Hain, il faudra préserver le système "un Commissaire, un pays" (la Convention ne va sans doute pas y renoncer, a-t-il estimé), mais la réorganiser, par exemple en suivant les propositions du Président Prodi, qui sont "intéressantes" (des vice-présidents travaillant avec plusieurs Commissaires). M. Hain a confirmé qu'il a des "sentiments mélangés" sur l'élection du Président de la Commission par le Parlement européen. Ce qui est important, c'est qu'il ait la confiance du Conseil européen, a-t-il souligné.