Bruxelles, 29/11/2002 (Agence Europe) - A l'occasion du Sommet du dialogue social, qui s'est tenu le 28 novembre à Genval, les Secrétaires généraux de la CES (syndicats européens) Emilio Gabaglio, de l'UNICE Philippe de Buck et de l'UEAPME Hans-Werner Müller (patronat européen) et du CEEP (entreprises publiques) Rainer Plassmann ont présenté leur programme de travail 2003-2005. Ce programme apporte une contribution à la stratégie européenne de Lisbonne et fait suite à une déclaration commune des partenaires sociaux adressée au Sommet de Laeken de décembre 2001 (voir EUROPE du 27 novembre, p.14). Les Secrétaires généraux ont déclaré que leur "nouvelle méthode de travail montre qu'après 17 années d'expérience, le dialogue social européen a mûri et entre dans une phase plus autonome. Ce programme de travail lance également un signal fort à la Convention européenne en ce qui concerne le rôle central joué par les partenaires sociaux dans la gouvernance sociale de l'Europe". La Commissaire Anna Diamantopoulou, le vice-président de la Convention Jean-Luc Dehaene et le ministre danois de l'Emploi Claus Hjort Frederiksen ont participé aux travaux ainsi que les partenaires sociaux nationaux de 30 pays d'Europe (les 15 Etats membres de l'UE, deux de l'EEE et les 13 pays candidats).
Les conclusions du Sommet ont été tirées par le Président Romano Prodi. "Le dialogue social est entré dans une nouvelle ère", a-t-il constaté. "En présentant leur programme de travail, les partenaires sociaux placent leur dialogue dans une perspective dynamique répondant aux enjeux actuels de l'UE, contribuant positivement à la stratégie de Lisbonne et intégrant la dimension du prochain élargissement", a-t-il estimé. Mme Diamantopoulou s'est félicitée de cette avancée et de voir "le dialogue social s'autonomiser" . Pour elle, ce programme de travail "donne naissance à de véritables relations industrielles au niveau européen".
"Le programme en tant que tel et la réunion d'aujourd'hui constituent un message fort (…). Dans de nombreux pays, nous voyons une série de mouvements sociaux, des restructurations industrielles, un changement de l'appareil économique", a souligné devant la presse Emilio Gabaglio, Secrétaire général de la CES. "Ce qui est politiquement important, c'est que le dialogue social est l'instrument pour gérer les changements, les réformes et les restructurations en Europe", a-t-il ajouté. "Nous avons mis sur pied un programme de travail", a expliqué le Secrétaire général de l'Unice Philippe de Buck, "d'abord parce que nous voulons une méthodologie pratique (…), savoir sur quoi on veut réfléchir, ce qui ne signifie nullement la fin des accords-cadres à vocation législative; ensuite, parce qu'à l'Unice nous considérons que, dans le cadre de la stratégie de Lisbonne, nous pouvons agir dans un certain nombre de domaines". Et de citer les éléments essentiels pour les employeurs: le volet emploi avec le rapport annuel, les restructurations, la mobilité et l'élargissement. Pour Rainer Plassmann (CEEP), ce programme de travail "n'est en rien exclusif, de nouveaux sujets pouvant y être introduits en fonction de l'évolution". Quant à Hans-Werner Müller (l'UEAPME), il a insisté sur la nécessité de tenir compte des spécificités des PME et souligné trois points qui tiennent à coeur à son organisation: éducation et formation tout au long de la vie, vieillissement de la main-d'oeuvre et mise en valeur de main-d'oeuvre qualifiée, travail non déclaré.