Bruxelles, 18/11/2002 (Agence Europe) - Panayotis Ioakimidis, représentant suppléant du gouvernement grec à la Convention européenne, a présenté une contribution à la Convention sur la PESC et la PESD dans laquelle il se prononce en particulier pour l'abolition de l'"anachronique structure en piliers" du Traité de l'Union. "L'artificielle distinction entre aspects communautaires et intergouvernementaux de la politique étrangère n'a plus de substance réelle", et "la politique de lutte contre le terrorisme le démontre tout à fait clairement", affirme-t-il. Les principales demandes du représentant du gouvernement grec sont:
- la création d'un Conseil des ministres de la Défense.
- la fusion entre les postes de Haut Représentant pour la PESC et Commissaire aux relations extérieures, avec un vice-président de la Commission qui aurait la responsabilité globale de la politique étrangère et les relations extérieures, et qui serait "rattaché simultanément à la Commission et au Conseil". Selon M. Ioakimidis, "la combinaison de ces deux fonctions est le corollaire logique de l'abolition de la structure en piliers et de la restructuration de la présidence tournante".
- un usage plus fréquent du vote à la majorité qualifiée pour la PESC. En particulier, les actions de politique étrangère sans implications militaires pourraient être prises à la majorité, sur proposition de la Commission européenne. En outre, il faudrait des clauses d'opt-out.
-une plus grande coordination des services diplomatiques, sans viser à créer un service diplomatique unique. M. Ioakimidis, qui note qu'une Union à 25 aura environ 3.000 missions dans le monde, avec 30.000 diplomates et autre personnel, suggère de créer des "ambassades/missions de l'UE auprès de pays tiers sélectionnés ou d'organisations, si notre intérêt ou d'autres facteurs l'exigent".
- l'insertion d'une clause d'assistance mutuelle dans le nouveau traité, d'autant plus que l'UE vise à élargir la gamme des missions Petersberg à de nouveaux domaines (comme la lutte contre le terrorisme) et que la clause existante à l'Union de l'Europe occidentale (l'article V du Traité de Bruxelles) est "devenue pratiquement obsolète". En même temps, souligne le représentant grec, il faudra "tenir pleinement en considération la position particulière de certains pays à l'égard des problèmes de défense", et, s'ils ne peuvent pas adhérer immédiatement à de telles clauses, leur donner une possibilité d'opt-in plus tard. Selon lui, il faut aussi s'assurer que "l'évolution de la PESD vers un système collectif de solidarité n'affaiblit pas l'Alliance atlantique mais, au contraire, la renforce".
- l'introduction de la coopération renforcée dans la PESD, afin de permettre aux pays qui le peuvent et le veulent de prendre des initiatives dans ce domaine, dans une Union élargie marquée par "la diversité des cultures de la défense, des capacités, des intérêts, des perceptions". Il faudra cependant s'assurer que même des initiatives auxquelles participe un nombre limité de membres seront toujours prises dans le cadre juridique des traités et des structures institutionnelles de l'UE.
- la création d'une force humanitaire de jeunes volontaires, qui pourraient contribuer à des opérations civiles de gestion des crises et s'identifier ainsi avec le projet européen.