Bruxelles, 01/10/2002 (Agence Europe) - Lors d'un déjeuner organisé par The European Policy Centre sur le thème "The Middle East at a Crossroads: an Israeli Assessment", l'ambassadeur israélien auprès de l'UE Harry Kney-Tal (qui s'apprête à quitter Bruxelles pour rentrer au ministère) s'est dit relativement optimiste pour les perspectives à moyen et à long terme au Moyen-Orient, mais "pas du tout optimiste" pour le court terme. "Il y a une perspective politique au Moyen-Orient", a-t-il affirmé, en estimant que l'on parviendra finalement à la "solution de deux Etats". Et il voit "un bon signe" dans le débat engagé dans le camp palestinien où, selon lui, on commence à "admettre que la deuxième intifada a été une bévue stratégique". "La même chose vaut pour nous, qui traversons un processus d'apprentissage" en ce qui concerne la relation entre le politique et le militaire, a-t-il ajouté. L'ambassadeur Kney-Tal a reconnu que le processus de "règlement du conflit" israélo-palestinien impliquera une participation de la communauté internationale non seulement au cours de la négociation, mais aussi dans "l'appui à un Etat palestinien qui prend forme". Et il a constaté que l'Europe "est bien meilleure" que d'autres lorsqu'il s'agit de "construire une nation", en s'exclamant: l'appui à ce processus n'est pas "un travail moins sexy" que celui de signer un accord de paix à la Maison Blanche.
M.Kney-Tal, qui a placé son discours dans une perspective historique en reprochant aux Etats arabes le "triste chapitre de cinquante ans de stagnation" dans la région, a insisté sur les dangers qui pèsent sur le court terme. Ainsi, il a évoqué brièvement la crise irakienne mais il a insisté aussi sur le renforcement de l'arsenal militaire de la Syrie (qui, a-t-il dit, a "150 missiles balistiques" et "nous provoque", son jeune président s'étant "entiché de la perspective de gagner")¸ de l'Iran (qui travaille "24 heures sur 24" pour avoir une capacité en missiles et a des capacités chimiques et biologiques), la Libye (qui progresse "très vite" avec son programme militaire) et aussi de l'Egypte ( le pays "qui avait fait la paix avec nous" et qui n'a pas d'ennemi à ses frontières, mais qui développe ses armements sans doute pour "préserver son leadership" dans la région).