Bruxelles, 23/09/2002 (Agence Europe) - L'UE est sur le point de finaliser son évaluation des « compensations » obtenues des Etats-Unis depuis le déploiement outre-Atlantique d'un arsenal de surtaxes prohibitives contre l'acier étranger. Le rapport collégial, qui doit être adopté d'un jour à l'autre par procédure écrite, sera soumis vendredi aux Quinze, en vue de leur permettre de statuer, le 30 septembre, sur le sort des sanctions qu'ils menacent de prendre sans attendre le jugement de l'Organisation mondiale du commerce sur la légalité du dispositif américain. On peut toutefois s'attendre à un nouveau report d'échéance, ne serait-ce que parce que le verdict de Genève est annoncé pour le mois de mars, soit dans seulement six mois, que le terrain juridique pour des représailles précoces est plutôt vague et dès lors miné, que le semestre écoulé a déjà permis aux Européens d'obtenir des exemptions pour la moitié de leurs livraisons et que le prochain semestre peut aussi bien être mis à profit pour continuer sur cette lancée en laissant perdurer la double menace de sanctions immédiate (378 millions d'euros) et à terme (606 mio euros). C'est également vendredi que prendront fin les consultations sur les catégories de produits qui seront couvertes par le dispositif de sauvegarde définitif que l'Union doit mettre en place, le même jour, à l'échéance des mesures préventives prises en mars dernier en vue de contrecarrer la «plus que probable» inondation du marché européen par l'acier éconduit du marché américain. La Commission a récemment proposé de ramener le champ d'application de ce dispositif (que Washington vient de dénoncer formellement à Genève) de 15 à 7 catégories, suscitant une vague de protestations parmi les Quinze. Elle estime aujourd'hui que pour certains produits, «la situation est claire » - ils doivent être couverts ou bien exclus - mais que pour d'autres ce n'est pas encore le cas.