Luxembourg, 20/09/2002 (Agence Europe) - La Succession Picasso continue de s'opposer à l'enregistrement, par le fabricant allemand DaimlerChrysler, de la marque Picaro. La raison en est la similitude visuelle et phonétique de Picaro avec Picasso (marque utilisée par Citroën). Mais cette similitude n'a été retenue ni par l'Office des marques ni par la Chambre des recours. La succession Picasso vient d'aller devant le Tribunal de première instance européen qui devra décider si l'opposition des héritiers de Picasso est valable. Une des questions posées est celle de savoir si le consommateur européen pourrait confondre le vocable Picaro et Picasso.
L'office des marques s'était prononcé par la négative: Pi-cas-so et Pi-ca-ro n'ont que la première syllabe en commun. Cela suffit pour distinguer les deux marques du point de vue phonétique, concluait-il. En espagnol, le mot Picaro est le nom d'un aventurier héros de la littérature espagnole (dite picaresque: NDLR). Il a plusieurs sens tels que infâme, espiègle, vaurien, etc.
La Chambre des recours relève, entre autres différences, l'accent tonique qui ne porte pas sur la même syllabe, remarque-t-elle. La Succession Picasso maintient son opposition et demande au Tribunal de première instance d'annuler ces deux décisions.
Cette affaire pourrait techniquement aller jusque devant la Cour de Justice européenne sur des questions de droit dans un domaine où elles sont nombreuses et où les enjeux financiers sont énormes, font remarquer certains juristes.
EUROPE rappelle que, à un degré moindre de notoriété mondiale, les pères du héros de bande dessinée Asterix, les Editions Albert René, s'opposent quant à eux au dépôt de la marque Starix par une société italienne. Une opposition également rejetée par l'Office des marques et par une Chambre des recours (Voir EUROPE du 4 juin 2002, p.18).