Bruxelles, 18/09/2002 (Agence Europe) - La Commission européenne propose une mise à jour et une reformulation moins « compliquée » du régime commun pour les importations de céréales qui n'affectera aucunement l'accès des cargaisons américaines au marché unique, a indiqué le Commissaire Pascal Lamy, mercredi, en marge d'une intervention devant la presse à propos du commerce et du développement (pages 9 et 10). Le plan, dévoilé via des « fuites » à Paris et très fraîchement accueilli à l'Est comme à l'Ouest de l'Union, prévoirait - selon les premières indications - d'établir un nouveau contingent tarifaire de 2.3 millions de tonnes pour le blé dur et tendre, de même que des droits de douane « élevés » dans l'espoir d'enrayer la flambée des livraisons à bas prix, surtout celles expédiées par les pays riverains de la Mer Noire, de même que la pression à la baisse qu'elles exercent sur les prix européens. Des consultations sont en cours avec les principaux partenaires commerciaux de l'Union, y compris ces mardi et mercredi à Washington.
M. Lamy a fait valoir que « notre engagement (à l'OMC) est fondé sur des formules compliquées, notamment pour le contenu protéinique » et sur «les critères du marché de Chicago qui ne collent plus. C'est pourquoi Franz Fischler et moi-même avons demandé un mandat de négociation au Conseil formulé de telle sorte que l'accès au marché pour les pays auxquels vous semblez penser ne sera pas diminué par cette nouvelle formule», a-t-il précisé en répondant à un journaliste. « Quelle que soit la modification que nous opérerons, l'accès au marché ne peut être réduit (cf. l'OMC) et ne sera pas réduit », s'est-il encore défendu. L'alternative aux consultations menées par la Commission européenne aurait été de modifier unilatéralement le régime (consigné dans les engagements tarifaires de l'Union à la fin du cycle d'Uruguay) mais « ils ont considéré que (les consultations) étaient encore la voie la plus sûre à emprunter », a-t-on précisé de source diplomatique. De nombreuses voix se sont déjà fait entendre à Genève pour protester contre cette démarche, en qualifiant notamment d' « irréaliste » la période de référence pas vraiment récente qui a servi au calcul des contingents (moyenne des importations et droits de douane des campagnes 1998-2000).