Nyborg, 10/09/2002 (Agence Europe) - Les dix futurs Etats membres de l'Union européenne pourraient recevoir, selon les estimations de la Commission transmises vendredi dernier aux ambassadeurs des Quinze, un montant net en crédits de paiements de 8,8 milliards d'euros de 2004 à 2006, ce qui correspond à la différence entre les fonds reçus au titre des différentes politiques communautaires (24,3 milliards d'euros, dont 6,141 milliards d'euros en 2004, 8,01 milliards en 2005 et 10,1 milliards en 2006) et les versements dus au titre des ressources propres (15,5 mrds d'euros, soit 5,052 mrds d'euros en 2004, 5,138 mrds en 2005 et 5,324 mrds en 2006).
De source communautaire, on indique que le montant net des crédits pourrait même augmenter, car ces estimations ne prennent pas en compte les éventuelles compensations qui seraient octroyées aux pays candidats pour éviter que certains d'entre-eux (les quatre plus prospères, à savoir Chypre, Malte, la République tchèque et la Slovénie) ne soient contributeurs nets dès leur entrée dans l'Union, en 2004. Selon les chiffres de la Commission, ces pays se retrouveraient en 2004 avec un solde budgétaire négatif de: - 185 millions d'euros pour la République tchèque; - 129 millions pour la Slovénie; - 67 millions pour Chypre; - 25 millions pour Malte.
Les chiffres prennent pour hypothèse que les pays candidats accepteront la stratégie de fin janvier de la Commission sur les aides directes (25% en 2004, 30% en 2005 et 35% en 2006). Au titre de la politique agricole commune (mesures de marché, aides directes et mesures de développement rural), les futurs Etats membres pourraient recevoir en 2004 seulement 1,227 milliard d'euros puisque les aides directes promises pour 2004 ne seront versées en réalité qu'en 2005 (dont 635 millions pour la Pologne, 155 millions pour la Hongrie, 143 millions pour la République tchèque ou encore 107 millions d'euros pour la Lituanie). En 2005, ils pourraient toucher 3,049 milliards d'euros, puis jusqu'à 3,796 milliards d'euros en 2006 au titre de la PAC.
En marge de la réunion informelle du Conseil Agriculture à Nyborg à laquelle ont été conviés les pays candidats, la Pologne, la Hongrie et la République tchèque ont répété devant des journalistes qu'ils ne pouvaient pas accepter une période transitoire aussi longue que celle proposée par la Commission (25% d'aides directes en 2004 jusqu'à 100% en 2013). Ils ont demandé de pouvoir bénéficier de 100% d'aides directes à la fin de la période actuelle des perspectives financières (en 2006) pour ne pas se retrouver trop longtemps dans une situation défavorable en termes de concurrence par rapport aux Etats membres actuels. Les ministres hongrois et tchèque ont notamment rappelé qu'ils contestaient toujours la période de référence choisie pour définir le volume des quotas laitiers, au motif qu'elle correspond à une période de faible production (les années 90). La Pologne a estimé que la question des quotas était encore plus importante que celle des aides directes.