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Bulletin Quotidien Europe N° 8294
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/pe/sommet de johannesburg

Margot Wallström commente les résultats du sommet devant la commission parlementaire de l'environnement - La Commission présentera un texte sur le lien "commerce/développement"

Bruxelles, 10/09/2002 (Agence Europe) - Margot Wallström, Commissaire européenne à l'Environnement, est venue présenter lundi à la commission parlementaire de l'environnement son évaluation du Sommet de Johannesburg pour le développement durable et répondre aux questions des députés européens. Le bilan qu'elle a dressé est plutôt positif, même si "l'optimisme qui régnait à Rio dix ans plus tôt a cédé la place à "une grande méfiance de certains pays qui ont empoisonné le débat", a-t-elle reconnu.

"Nous avons réussi à inscrire le développement durable sur l'agenda politique international. C'est un résultat important. Nous voulions passer des paroles aux actes. Nous avons maintenant une obligation de suivi. Nous avons travaillé dur pour un résultat orienté vers l'action pour atteindre les objectifs du millénaire" a déclaré Mme Wallström, en se félicitant des engagements pris dans ce sens: celui de réduire de moitié, d'ici à 2015, la population qui n'a pas accès à des infrastructures d'assainissement de base et à l'eau potable, celui de réduire l'impact des produits chimiques sur la santé humaine d'ici à 2020, celui de développer des stratégies d'ici à 2005 et de restaurer la biodiversité d'ici à 2010. C'est déjà un aboutissement considérable, et il est important que les Etats-Unis partagent l'objectif concernant l'assainissement et l'eau potable, a-t-elle estimé, ajoutant que "l'assainissement est un sujet tabou pour de nombreux pays".

Parmi les autres avancées, la Commissaire a cité "le très bon débat sur l'énergie", et la décision de la Chine, la Pologne, la Russie et le Canada de ratifier le Protocole de Kyoto sur les changements climatiques. Evoquant la décision d'augmenter la part globale des énergies renouvelables, sans objectif chiffré, Mme Wallström a reconnu à demi-mots l'échec de l'Union, marginalisée dans ses efforts. "Pour la définition d'objectifs ciblés et de calendriers, nous étions biens seuls. Les pays en développement étaient plutôt du côté des Etats-Unis", a-t-elle expliqué, contente néanmoins que l'UE ait été suivie par plusieurs pays dans sa tentative de fixer au moins des seuils pour la promotion des énergies renouvelables.

Evoquant la tentative de l'Union d'obtenir des pays en voie de développement un engagement pour la mise en œuvre des objectifs de Johannesburg et un terrain d'entente en matière de consommation durable, Mme Wallström a déclaré: "Nous avons pu obtenir l'accord de différents groupes pour aider les pays en développement à rectifier certaines erreurs pour s'orienter plus résolument vers le développement durable".

Mme Wallström a par ailleurs jugé satisfaisantes "les dispositions établissant un statut d'égalité entre les accords de l'OMC et les accords multilatéraux en matière d'environnement et de développement". Selon elle, la déclaration de Johannesburg va plus loin que les conférences de Doha et de Monterrey, car "un certain nombre d'engagements ont été pris pour encourager le commerce de produits organiques, et la nécessité a été reconfirmée de lier le commerce au développement, au niveau multilatéral, mais national aussi". La Commissaire a annoncé à ce propos que la Commission préparait actuellement "un texte pour promouvoir ce lien"

Mme Wallström a insisté sur l'importance des partenariats conclus à Johannesburg, parmi lesquels figurent les deux initiatives de l'UE dans les secteurs de l'eau et l'énergie. A ses yeux, ces partenariats sont "un résultat crucial, inséparable du programme de mise en œuvre". Rappelant que le mécanisme de suivi, que l'UE appelait de ses vœux, a été placé sous la responsabilité de l'ONU, elle a estimé que celle-ci devrait être en mesure de fournir des indicateurs pour mesurer les progrès accomplis. "Nous pouvons être satisfaits. L'Union a joué un rôle constructif. Le problème, c'est que nous étions perçus comme une locomotive solitaire. Certains pays, pas tout à fait convaincus de l'utilité de certaines propositions, se sont rangés du côté des Etats-Unis. Nous allons assurer la poursuite des efforts pour mettre en œuvre les résultats du sommet", a-t-elle assuré.

Au cours du débat, plusieurs députés ont dit partager l'évaluation positive de la Commissaire. A Jorge Moreira Da Silva (PPE-DE, Portugal), qui lui demandait toutefois si ces sommets constituaient « la meilleure forme d'action pour sauver la planète » et si des sommets thématiques ne seraient pas plus adéquats, Mme Wallström a rappelé les divergences de vues entre ceux qui voulaient se concentrer sur quelques sujets et ceux qui en voulaient toujours plus . « Nous avons dû nous battre pour maintenir les questions environnementales à l'ordre du jour », a-t-elle expliqué. Et d'ajouter: " Lorsqu'un nombre aussi important de pays se mettent d'accord sur un point, c'est déjà une victoire. C'est important de comprendre l'argumentation de certains Etats, celle de l'Afrique du Sud, par exemple, qui a fait observer qu'elle n'avait pas les moyens d'électrifier tout le pays avec des combustibles renouvelables. Ces mégaconférences prêteront toujours le flanc à la critique, mais elles sont démocratiques".

Karl Florenz (Allemagne), qui était à Johannesburg, a abondé dans son sens. Tout en reconnaissant que l'Union a parfois placé la barre trop haut, pour les énergies renouvelables notamment, il a déclaré "malgré tout je pense que ces conférences sont indispensables, mais il faut mieux les organiser à l'avenir". Répondant à Marialiese Flemming (PPE, Autriche), la Commissaire a confirmé que l'énergie nucléaire avait été écartée du débat sur les énergies renouvelables. Alexander de Roo (Verts/ALE, Pays-Bas), déçu par le blocage sur les subsides agricoles et par la difficulté de l'Union à se trouver des alliés, a en outre accusé le Commissaire au développement, Poul Nielson, d'avoir « clairement montré que l'énergie renouvelable ne l'intéressait pas ». Une allégation vigoureusement démentie par Margot Wallström. Celle-ci a assuré de « l'excellente coopération » entre les deux Commissaires, qui ont « parlé d'une seule voix », contrairement aux Etats membres de l'Union, parfois divisés, en particulier sur l'élimination des subventions agricoles à l'exportation. Répondant à la présidente de la commission parlementaire, Caroline Jackson (conservatrice, Royaume-Uni), qui l'interrogeait sur les enseignements à retirer du sommet, notamment en termes de méthodes de travail à la Commission, Mme Wallström a évoqué la nécessité: - d'intégrer le développement durable dans les politiques de l'Union, notamment dans la politique commerciale; - d'obtenir davantage des pays en développement, pour qui l'Union est le premier donateur, sans pour autant bénéficier de leur soutien; - de se concentrer sur le suivi et le contrôle. A John Bowis (conservateur, Royaume-Uni), qui reprochait au sommet d'être dispendieux et de « réunir au milieu des pauvres des nantis qui ne se mettent pas d'accord », Mme Wallström a répondu qu'à l'avenir il conviendrait peut-être d'organiser ces conférences « dans un endroit très pauvre et d'essayer de vivre comme les populations locales ».

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