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Bulletin Quotidien Europe N° 8238
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/pe/sommet de seville

Le président Cox attend de Séville un message politique fort sur l'élargissement - Immigration: mise en garde contre le « virus de l'extrême-droite »- Réformes institutionnelles: oui à un accord interinstitutionnel, mais il faut laisser travailler la Convention

Séville, 21/06/2002 (Agence Europe) - 2002 est « politiquement » l'année de l'élargissement: nos partenaires sont en train d'atteindre « les limites de leur élasticité » et « nous ne pouvons pas les laisser tomber ». C'est ce qu'a déclaré d'emblée le président du Parlement européen Pat Cox, dans son intervention devant les chefs d'Etat et de gouvernement des Quinze, à l'ouverture du Conseil européen de Séville. Les négociations ont progressé énormément dans le détail, mais nous devons, à Séville, lancer un message politique clair et fort et confirmer que Copenhague sera « le moment de la définition de la nouvelle Europe », a-t-il dit devant la presse, en indiquant qu'il avait demandé aux participants au sommet que Conseil et Parlement établissent, pour l'après-Copenhague, une « carte générale de la route à suivre », et en souhaitant que le Parlement puisse donner son avis conforme aux traités d'adhésion le plus tôt possible au printemps 2003. En ce qui concerne les aides directes aux agriculteurs, M.Cox a rappelé que le Parlement européen, lors de sa dernière session, avait appuyé le « plan financier » de la Commission: je pense que, finalement, il sera « le moyen le plus probable d'aller de l'avant ». Selon lui, ce n'est pas une mauvaise chose que de s'accorder une « pause de réflexion », car on attend des élections (en Allemagne, qu'il n'a pas citée) et cette question ne devrait pas devenir matière à du « football politique ». Le président a aussi rappelé que le Parlement tiendra une session plénière extraordinaire en novembre, après le Sommet de Bruxelles, et que le Premier ministre Rasmussen et le président Prodi ont accepté d'y participer.

Devant les chefs d'Etat et de gouvernement, M.Cox a renouvelé son appel à un « dialogue interinstitutionnel au niveau politique » afin de développer entre institutions un « partenariat pour la réforme ». Il faut aller au-delà du « groupe technique de haut niveau » qui a déjà été mis en place, a-t-il estimé. Et il a espéré que les trois institutions pourront parvenir à une entente sur une série de réformes visant à rendre la législation plus claire, à améliorer l'évaluation de son impact, à mieux préparer la consultation des parties intéressées et, surtout, des parlements nationaux. Interrogé sur la réforme de la Commission proposée par Romano Prodi, M.Cox n'a pas voulu la commenter, ne la connaissant pas encore dans le détail (ayant participé au forum parlementaire euro-méditerranéen de Bari: voir EUROPE d'hier, p. 6). Il a tenu cependant à mettre les points sur les i: je salue les propositions d'où qu'elles viennent, mais en tant que «contributions actives» au travail de la Convention européenne, car il y a des questions qui « appartiennent » à la Convention. L'idée est de ne pas bâtir l'Europe du futur seulement entre élites et à huis clos, s'est-il exclamé. Par ailleurs, M.Cox a dit avoir reçu de la commission compétente du PE le mandat d'entamer, « au plus haut niveau, des contacts exploratoires avec le Conseil » sur un statut commun du député européen (rapport Rothley). A ce stade, M.Cox insiste surtout sur deux principes - l'égalité entre députés et la transparence de leurs salaires et dépenses - sans donner de chiffre sur le niveau de rémunération souhaitable (dans une interview au Financial Times, il avait cité le montant de 7.400 euros: voir EUROPE des 10/11 juin, p. 6).

Sur l'immigration, M.Cox a souligné devant les participants au Sommet que l'Union n'abordait pas ces problèmes pour la première fois: il faut le rappeler afin de « écarter le soupçon qu'en tenant ce débat à présent nous courons le risque d'attraper le virus de l'extrême-droite », a-t-il averti. Et il a cité deux passages saillants de la résolution adoptée par le Forum parlementaire euroméditerranéen de Bari qui proclament, a-t-il précisé devant la presse, deux principes importants: - celui de la coresponsabilité entre pays d'accueil et d'origine ; - celui d'un lien à établir entre politique d'immigration et coopération au développement, mais « un lien positif, une carotte, pas un bâton ».

Enfin, en évoquant le deuxième référendum irlandais sur le Traité de Nice, et en se prononçant là simplement comme « Européen irlandais », Pat Cox a dit aux Quinze qu'il espérait qu'ils adoptent à Séville une déclaration sur la neutralité irlandaise, « déclaration que j'appuierai fortement » , et au Taoiseach Bertie Ahern qu'il participera personnellement et activement à la campagne pour le prochain référendum. Il n'y a pas de « plan B » pour l'hypothèse d'un nouveau « non » au traité de Nice, a dit M.Cox en répondant à une question . Et, aussi bien devant les chefs d'Etat et de gouvernement que devant la presse, il a estimé que les autres Etats membres et les institutions devraient « respecter le besoin qu'a l'Irlande d'aller de l'avant avec son débat », sans donner l'impression de « manipulations extérieures » qui seraient contre-productives.

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