Bruxelles, 21/06/2002 (Agence Europe) - "Nous avons constaté la plainte. S'il y a un problème technique, nous aurons une discussion technique avec les Etats-Unis. A l'heure actuelle, leurs préoccupations ne sont pas justifiées". C'est en ces termes que Gilles Gantelet, le porte-parole de la Commissaire aux transports Loyola de Palacio, a résumé la position de la Commission face aux déclarations de Robert G. Bell, assistant du secrétaire général adjoint pour la défense de l'OTAN, parues dans le Financial Times de vendredi, affirmant que "l'utilisation de certains signaux par Galileo pourrait mettre la vie de militaires de l'OTAN en danger".
Le "problème" en question serait un chevauchement de fréquences entre le futur système de radionavigation par satellite européen (Galileo) et le système américain modernisé (GPS). Selon le Financial Times, Galileo utilisera des fréquences (pour des questions civiles et/ou militaires) qui chevaucheront des ondes cryptées utilisées par les Etats-Unis et l'OTAN au cours d'opérations militaires. Si, pour des raisons stratégiques, les Etats-Unis veulent brouiller les fréquences de Galileo, ils brouilleront aussi les leurs. Rappelant les âpres négociations entre Américains et Européens au cours de la Conférence mondiale d'Istanbul sur les Télécommunications (voir EUROPE du 9 mai 2000 et du 6 juin 2000), des sources communautaires proches du dossier indiquent que "les Etats-Unis ont toujours été contre l'attribution à l'Union de certaines fréquences qu'ils convoitaient". "Techniquement, les experts européens disent que ces chevauchements, inévitables car il y a peu de fréquences, seront marginaux. C'est un problème politique et non technique", commentent d'autres sources européennes.
La Commission a reçu, il y a deux ans, un mandat du Conseil pour discuter de différents aspects concernant Galileo avec les Etats-Unis. Plusieurs rencontres ont déjà eu lieu entre les deux parties. Cependant, une réunion prévue justement sur les aspects techniques au début du mois de mai a été annulée par les Américains pour "un problème d'agenda", a indiqué Gilles Gantelet. Cette réunion devrait avoir lieu avant la fin de l'année. Quoi qu'il en soit, "il s'agit d'un projet européen, donc ce problème doit être négocié entre les Etats-Unis et l'Union et non par l'OTAN", a-t-il conclu.