Grenoble, 21/06/2002 (Agence Europe) - Vendredi dernier, lors d'une réunion d'information à Grenoble, la Commission européenne et les chercheurs ont fait le point sur l'état de la recherche en matière de nanotechnologies (un nanomètre = un millionième de millimètre); un domaine dans lequel on manipule des atomes et molécules individuels (plus de 80 000 fois moins épais qu'un cheveu). Les perspectives de développement sont en effet énormes pour l'industrie, avec des secteurs d'activité entièrement nouveaux, des applications nombreuses et donc, des enjeux économiques bien réels. Pour y faire face, l'UE disposera, dans le cadre du sixième programme-cadre d'environ 700 millions d'euros pour la période de quatre ans allant de 2003 à 2006 (à titre de comparaison les Etats-Unis consacrent entre 600 et 700 millions de dollars par an à ce secteur).
La visite du CEA-Minatec, centre de recherche en micro et nanotechnologie, a permis au Commissaire Philippe Busquin de souligner le rôle de l'espace européen de la recherche dans la « création de nouveaux outils qui remettront peut être en cause les connaissances acquises ». Les contours des différentes spécialités (chimie, physique ou biologie) qui poursuivent des objectifs propres sont rendus flous par la miniaturisation qu'impliquent les nanotechnologies. Ainsi, la coopération internationale entre experts et chercheurs de ces différents domaines par le biais de réseaux et la mise en place de partenariat public-privé constituent l'apport essentiel d'une action européenne d'envergure afin d'obtenir des produits et des procédés plus performants, a rappelé M. Busquin. Comme ce fut le cas pour les technologies de l'information, certains chercheurs voient dans les nanotechnologies les fondements d'une prochaine révolution industrielle. De multiples domaines sont déjà concernés, du logement à l'habillement, de l'automobile aux appareils médicaux et les perspectives se déclinent dans presque tous les aspects de la vie humaine. Les gains en rapidité et en coût sont particulièrement prometteurs en matière de stockage et de distribution d'énergie, de processeurs, de bio-analyse, de robotique, etc.. Le centre Minatec consiste en une plate-forme "multitechnologique" associant recherche fondamentale et appliquée en nanotechnologies. Il devrait être pleinement opérationnel en 2005, mais accueille déjà de nombreuses industries naissantes (start-up) et offre à des étudiants la possibilité de suivre un cycle de formation (200 ingénieurs diplômés et 50 doctorants par an).
Déjà utilisateur de microtechnologie électronique, le laboratoire Trixell, présent sur le site grenoblois, envisage désormais d'introduire les nanotechnologies dans leur activité d'imagerie médicale. Les panneaux plats développés par cette joint-venture (Thales, Philips, Siemens) permettent des radiographies médicales et des images dynamiques (examens cardiovasculaires) aux résultats proches d'un appareil photographique numérique. Ces bénéfices pourront être améliorés grâce aux matériaux nanoélectroniques (diagnostics plus précis et peut être une meilleure résistance aux rayons ionisants).