Bruxelles, 20/06/2002 (Agence Europe) - A l'occasion de la réunion de la Commission parlementaire mixte UE/Turquie, les 17 et 18 juin à Bruxelles, le ministre d'Etat turc Sükrü Sina Gürel a, en affirmant que la position que l'UE adoptera à Séville vis-à-vis de l'adhésion de la Turquie à l'Union pourra "accélérer ou ralentir notre processus d'adhésion", souligné que l'environnement positif créé par Helsinki et les conclusions du Sommet de Laeken "ont été utiles pour nos efforts", alors qu'on a pu constater que "des attitudes hostiles et parfois discriminatoires ont empêché le changement" (en clair, les réformes en Turquie). Le ministre a cité les réformes entreprises au cours des derniers mois dans son pays (amendement de "presque un cinquième de la Constitution", entrée en vigueur d'un nouveau Code civil en janvier dernier, paquets législatifs sur les libertés, notamment d'expression), et a rappelé que le gouvernement "oeuvre actuellement à la possibilité d'étendre ultérieurement les droits culturels individuels", examine la possibilité d'abolir entièrement la peine de mort (rappelons que depuis plusieurs années elle n'est plus exécutée) et pourrait lever la loi d'urgence à Hakkai et à Tunceli en août prochain.
Par ailleurs, le ministre a tenu à souligner que "la Turquie a fait le pas de plus qui était nécessaire pour éviter un conflit potentiel entre l'OTAN et l'UE" (sur un accord permettant à l'Union d'utiliser, pour des opérations qu'elle dirige, les moyens et capacités de l'Alliance), "en acceptant il y a six mois le texte d'Ankara". "Malheureusement", constate-t-il, "l'UE n'a pas été en mesure jusqu'ici de faire des progrès sur cette question".
Enfin, sur Chypre, le ministre affirme que tout plan de règlement dans l'île qui ne tienne pas compte des "réalités et des circonstances existantes dans l'île" est "condamné à échouer", et que "le Président Denktash a fait des efforts sincères et constructifs pour trouver une solution". Et il répète « une fois de plus » que « le processus d'adhésion unilatérale des Chypriotes grecs offert par l'UE est contraire aux traités internationaux et, donc, illégitime". Le ministre reproche à l'UE d'avoir, "depuis le début des années 90", commencé à « établir un lien très erroné entre les problèmes bilatéraux de la Turquie" avec un membre de l'Union et "le développement des relations Turquie-UE", et que, si "elle continue dans la même direction erronée" et accueille en son sein "la soi-disant République de Chypre", l'Union constatera qu'elle "rendra permanente la division de l'île, en y imprimant un sceau de l'Union européenne". Et il conclut: "Une solution pour Chypre ne doit pas être considérée comme une condition préalable pour le processus d'adhésion de la Turquie", et l'UE doit donner à la Turquie "une claire perspective" d'adhésion qui ne peut être obtenue qu'en décidant "un calendrier précis pour les négociations en vue d'une adhésion à part entière".