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Bulletin Quotidien Europe N° 8225
AU-DELÀ DE L'INFORMATION /

La réponse de l'euro à ses détracteurs. Les milieux financiers et certains économistes commencent à se préoccuper. Si l'euro poursuit son appréciation par rapport au dollar, les exportations européennes deviendront plus difficiles. Un quotidien économique a titré il y a quelques jours: "un euro trop fort entraverait la douce reprise européenne". Fini, donc, le chœur des lamentations autour de la faiblesse de la monnaie européenne; la crainte, c'est maintenant qu'elle devienne trop forte.

Mais ce n'est pas l'opinion des milieux financiers que je veux souligner. Chaque évolution monétaire a des effets positifs dans un sens et des inconvénients dans un autre; et, de toute manière, les banquiers ne diront jamais qu'ils sont entièrement satisfaits. Ce que je voudrais souligner est l'attitude des eurosceptiques et de tous ceux qui montraient hier toute leur satisfaction d'annoncer que l'euro avait perdu depuis sa naissance un quart, voire un tiers, de sa valeur (affirmation par ailleurs totalement fausse). Pour certains, la fureur partisane et la haine contre l'Europe sont telles qu'ils ne cachaient pas leur joie pour l'affaiblissement de la monnaie de leur pays (tel est l'euro pour tous les pays de sa zone).

Les informations des journaux ont aussi changé de nature: elles étaient très visibles, presque toujours en première page et avec des gros titres, lorsque l'euro s'affaiblissait face au dollar; ce ne sont plus que des petites informations techniques depuis qu'il se renforce. Mais ceci ne relève pas de l'euroscepticisme, mais tout simplement de la vieille règle journalistique selon laquelle les mauvaises nouvelles méritent davantage de relief que les bonnes.

Les eurosceptiques n'y changeront rien. La vérité est tout simplement que le taux de change de l'euro continuera à fluctuer selon les circonstances vers le haut ou vers le bas sans que ceci ait une influence sur sa valeur réelle pour les citoyens, qui est déterminée, elle, par le taux d'inflation. Grâce à l'euro, l'Europe est beaucoup moins sensible aux fluctuations du dollar. Elle ne doit pas s'en désintéresser, la BCE l'a dit et répété à plusieurs reprises, mais la zone euro a acquis une autonomie qui n'existait pas auparavant. Ni les anti-européens braillards (genre Le Pen) ni les anti-euro distingués (genre Martino) n'y changeront rien.

(F.R.)

 

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