Bruxelles, 04/06/2002 (Agence Europe) - Se félicitant, dans une lettre adressée au Président du Conseil européen José-Maria Aznar, de constater que le Sommet de Séville traitera d'une des "grandes préoccupations de nos concitoyens, à savoir la lutte contre l'immigration illégale et la traite des êtres humains", le Président de la Commission Romano Prodi a reconnu "la difficulté de gérer la migration légale et d'assurer un "respect adéquat de nos obligations au titre de la Convention de Genève".
Le Président Prodi insiste en particulier, dans sa lettre, sur les points suivants qui, selon lui, devraient être abordés à Séville: 1) renforcer le contrôle extérieur des frontières de l'UE en développant une "stratégie frontalière" intégrée et globale, notamment en encourageant les responsables de la gestion des frontières dans l'UE à "se réunir rapidement et à commencer à rassembler les différentes pièces du système" et définir des priorités; 2) accélérer l'adoption de certains instruments législatifs et la mise en oeuvre d'un certain nombre de mesures pratiques qui se trouvent sur la table du Conseil en matière d'asile et d'immigration, le but étant non seulement d'enrayer l'immigration illégale, mais aussi de régulariser l'accès aux immigrants dont l'UE a besoin, tout en assurant leur intégration dans les sociétés européennes; 3) donner un signal fort afin que les Etats membres de l'UE s'engagent à assurer une protection aux "vrais" réfugiés, tout en décourageant toute forme d'abus et en frappant durement les responsables de trafic d'êtres humains.
M. Prodi annonce aussi que la Commission présentera très prochainement une communication sur les liens à établir entre développement et flux migratoires, afin de s'attaquer aux causes des mouvements migratoires (pauvreté, conflits, etc.). Dans ce contexte, une priorité devrait être la ratification de l'Accord de Cotonou (avec les Etats ACP), car il permettra de "placer les accords de réadmission dans leur juste contexte comme dimension d'un partenariat global et constructif", écrit M. Prodi. Et il souhaite que "nous nous assurions que nous essayerons d'obtenir des progrès concrets" avant le Sommet de Copenhague, en décembre.