Bruxelles, Paris, 14/05/2002 (Agence Europe) Dans un communiqué publié mardi, le Cesa, le lobby des constructeurs de navires de l'UE, déplore que "la Commission européenne n'ait, une nouvelle fois, pas su décider de sa stratégie en deux points contre les pratiques déloyales des chantiers coréens". Pour l'association, il importe que ce nouveau retard ne soit par "une nouvelle indication de l'incapacité de l'UE à adopter une position ferme face à l'agression extérieure". Fustigeant les atermoiements de l'UE, elle souligne aussi que "il a fallu moins d'un an au gouvernement coréen pour discuter, approuver et créer un nouveau fonds fournissant des crédits sans intérêts aux armateurs". La Chambre syndicale française des constructeurs de navires estime pour sa part que "devant la carence de la Commission européenne", il appartient désormais au gouvernement allemand de s'aligner sur la position française pour rendre "enfin possible" une politique européenne dans le secteur. Elle déplore qu'en invoquant la nécessité d'un complément d'enquête, la Commission européenne ait encore reporté l'inclusion des méthaniers sur la liste des navires éligibles à des aides d'Etat (voir EUROPE du 8 mai, page 12) destinées à protéger les chantiers navals européens du dumping sud-coréen: "les Commissaires qui ont pris cette décision pour des raisons de doctrine et contre le Commissaire Pascal Lamy savent parfaitement que ne rien changer à leur proposition est aussi inacceptable pour la France qu'au mois de décembre, alors que l'évidence du préjudice subi par l'industrie européenne dans ce segment du marché est encore plus grande aujourd'hui", écrit l'association professionnelle qui estime que le Conseil Industrie du 6 juin risque encore de ne rien conclure faute de majorité qualifiée, insinuant même que "tel est peut-être le but recherché". La Chambre syndicale considère que, pour sortir du blocage, la seule solution serait que le Chancelier Schröder, qui est allé récemment à Bruxelles plaider auprès de la Commission en faveur de l'industrie "traditionnelle" soutienne sans réserve le point de vue français, ce qui permettrait d'obtenir une majorité qualifiée au Conseil en faveur du mécanisme de défense temporaire.