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Bulletin Quotidien Europe N° 8208
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/pe/developpement durable

Les Verts redoutent l'échec du Sommet de Johannesburg et se mobilisent pour inciter les gouvernements au sursaut

Bruxelles, 08/05/2002 (Agence Europe) - A trois semaines de la dernière réunion préparatoire du Sommet mondial du développement durable (à Bali fin mai, début juin), la conférence organisée par les Verts/ALE au Parlement européen sur le thème « Comment éviter un échec à Johannesburg» témoigne de la détermination de ce groupe politique à préparer activement sa contribution au Sommet (26 août-4 septembre) dont ils redoutent qu'il soit miné par l'absence de volonté politique affichée par les gouvernements lors de la réunion préparatoire de New York. S'ils ne ménagent pas leurs critiques à l'égard des Etats-Unis, du Canada, de l'Australie et des pays producteurs de pétrole, l'Union européenne essuie également sa part de reproches pour avoir souscrit, sous la houlette de l'OMC, à la prédominance du libre-échange dérégulé, qui, affirment les Verts/ALE, bloque tout progrès réel vers la soutenabilité. «L'UE essaie de se positionner comme ami du Sud. Sa crédibilité découle du rôle énergique qu'elle a joué dans la négociation du Protocole de Kyoto et dans les efforts qu'elle déploie pour faciliter la négociation du Protocole de Carthagène sur les mouvements tranfrontières d'organismes vivants modifiés. Toutefois son agenda, dominé par la libéralisation du commerce, ainsi que sa consommation en ressources du tiers monde, comme les forêts et les produits de la pêche, rendent son discours pro-développement peu convaincant », affirment les Verts. Devant la presse, le co-président Daniel Cohn-Bendit a souligné l'importance du Sommet de Johannesburg, auquel participeront quelque 25 députés du groupe. «Nous espérons que nous serons capables de faire comprendre à tous que les perspectives du développement durables doivent être renforcées. La ligne dure des Etats-Unis consiste à bloquer toutes les Conventions internationales qui les obligeraient à changer leur politique. Il faut renforcer ce qui a été commencé à Rio et s'est quelque peu poursuivi à Kyoto pour que le développement durable devienne la colonne vertébrale des politiques», a-t-il dit. Rémi Parmentier, Président de Greenpeace international, a, pour sa part, exprimé l'espoir que les ministres européens qui seront à Bali «mettront fin à l'inertie des fonctionnaires». «Je lance un appel à tous les députés qui s'intéressent aux questions environnementales pour qu'ils viennent à Bali. Les Etats-Unis ont déjà dit qu'ils ne veulent aucun engagement. Ils sont prêts uniquement à des accords de partenariat volontaires avec le secteur privé. A Johannesburg, il sera trop tard pour les regrets ». Vandana Shiva de l'IFG Research Foundation for science, Technology and Echology, s'est fait l'avocate de la lutte contre la "marchandisation" des ressources naturelles. Plus pessimiste encore que les autres intervenants, elle a déclaré "J'ai l'impression que RIO + 10 deviendra RIO moins 10. Le droit à la protection de l'eau, de la biodiversité de l'atmosphère constitue le point principal pour les populations du tiers monde. C'est pour eux une question de vie ou de mort". Qualifiant le dumping des denrées alimentaires subventionnées, la brevetabilité des ressources du vivant et la privatisation de l'eau de "catastrophe pour les pays pauvres", elle a déclaré: " dans ma partie du monde, les populations en ont assez du pillage. Leurs ressources ne sont pas à vendre". Evoquant "la crise de l'eau qui veut que d'ici à 2025, les deux tiers de la population mondiale n'auront pas suffisamment d'eau", Maud Barlow, directrice de l'ONG Council of Canadians, impliquée dans le projet "Planète bleue", a attaqué avec virulence la privatisation des ressources en eau de la planète promue par la Banque mondiale, et a dénoncé l'intention de la Commission européenne de s'orienter dans ce sens sous l'égide de l'OMC. Dénonçant par ailleurs les tentatives de l'OMC de forcer la main à l'ONU pour prendre le cadre de Doha comme référence pour le sommet mondial du développement durable, elle a ajouté: "Johannesburg doit être un forum pour les citoyens, pas une plate-forme pour la Banque mondiale et l'OMC.

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