Bruxelles, 25/04/2002 (Agence Europe) - Plusieurs membres du PE ont, en marge de la plénière à Bruxelles, lancé un cri d'alarme après la percée de Jean-Marie Le Pen au premier tour des présidentielles en France et commenté sa conférence de presse manquée (voir EUROPE d'hier, p.7). Dans l'hémicycle, au moment de son intervention, de très nombreux députés ont brandi une pancarte disant "NON"ou "Le Pen NON". Et l'élu européen du Front national Jean-Claude Martinez a reçu sur le visage une tarte à la crème (pratique assez fréquente en France et en Belgique).
Le président du groupe libéral Graham Watson a commenté: "Les partis politiques européens doivent faire face aux racistes et aux xénophobes afin qu'ils ne puissent pas s'approprier l'agenda de l'immigration et de la criminalité(...). Il faut une politique commune européenne de l'immigration pour (…) protéger les migrants des bandes criminelles sans scrupules. Nous ne devons pas avoir peur de le dire". En outre, M.Watson a renouvelé son appel à tous les partis démocratiques à signer la Charte des partis politiques pour une société non raciste proclamée à Utrecht le 28 février 1998 et à laquelle ont adhéré plus de 100 partis. "Le Pen est politiquement méprisable mais de bons démocrates ne doivent pas s'abaisser à son niveau en lui refusant la liberté de parole", a dit le libéral britannique Chris Huhne à propos des incidents de mercredi en salle de presse.
La socialiste française Pervenche Berès s'est insurgée: "Personne n'a empêché Jean-Marie Le Pen de s'exprimer (...). Comment expliquer (...) que ses amis Martinez et Gollnisch aient accédé sans entraves à la salle de presse? (...). Le Pen n'avait rien à dire et ne voulait rien dire (...). Il n'a jamais contribué aux travaux du Parlement européen, il n'a pas siégé une seule fois en commission parlementaire".
Quant au co-président du groupe des Verts Daniel Cohn-Bendit, il a estimé que faire sortir la France de l'Europe comme le souhaite Le Pen, ce serait "mettre la France à genous ".
De son côté, l'élu européen de la CSU Ingo Friedrich a reproché aux socialistes français de ne pas avoir su freiner l'essor des extrémistes de droite, contrairement à ce qu'ont réussi à faire en Allemagne, dit-il, "les partis populaires, et en particulier la CSU".