login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 8193
Sommaire Publication complète Par article 30 / 38
INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/social

Le Parlement appuie l'initiative de la Commission visant à garantir des pensions sûres et viables et demande une extension de la méthode de coordination ouverte pour réformer les retraites

Bruxelles, 16/04/2002 (Agence Europe) - En adoptant la semaine dernière avec 368 voix pour, 40 contre et 56 abstentions le rapport de Carlo Fatuzzo (PPE, Italie) sur la communication de la Commission relative à une "approche intégrée au service des stratégies nationales visant à garantir des pensions sûres et viables" (voir EUROPE du 6 avril, p.15), le Parlement appuie la demande de la Commission d'utiliser la méthode de coordination ouverte en matière de pensions en l'étendant et en l'approfondissant par une liste d'indicateurs, des rapports stratégiques nationaux et l'identification de bonnes pratiques. Le PE appelle le prochain Sommet européen à prendre des décisions concrètes sur la mise en oeuvre de la méthode de coordination ouverte, y compris un calendrier. Le Parlement appelle aussi la Commission à privilégier les régimes collectifs de retraite par capitalisation et se prononce en faveur de fonds de pension de réserve. Il considère qu'il est de la responsabilité des Etats membres de garantir à chaque retraité une pension qui lui permette de vivre décemment et de façon autonome et de participer ainsi à la vie culturelle et sociale de la société.

Dans l'Europe élargie, les retraités seront de 100 à 120 millions de personnes: il est important qu'ils puissent vivre bien de leur retraite, a affirmé Carlo Fatuzzo (Partito dei pensionati): ils doivent aussi avoir la possibilité de travailler au-delà de l'âge de la retraite, mais sur base volontaire et à condition qu'ils n'enlèvent pas le travail aux jeunes, a-t-il ajouté. Pour la commission des droits de la femme, Maria Sanders-ten-Holte, libérale néerlandaise, rappelle la vulnérabilité de cette catégorie de travailleurs, concernés plus que l'ensemble de la main-d'oeuvre par le travail à temps partiel, et le conservateur britannique Roy Perry a constaté qu'un nombre croissant de personnes vont travailler et prendre leur retraite dans un pays de l'Union autre que le leur: leurs gouvernements, a-t-il dit, doivent leur assurer la possibilité de le faire dans de bonnes conditions. Sur le plan des principes, la Commission européenne propose une nouvelle méthode, celle de la "coordination ouverte" (voir EUROPE du 6 avril, page l5), qui a l'appui du rapporteur. Mais c'est précisément à cause de cette méthode que Gabriele Stauner annonce le vote négatif de la CSU: selon la parlementaire bavaroise, l'Union ne peut pas élargir par ce biais ses compétences dans des domaines qui relèvent des Etats membres.

La méthode est défendue en revanche par la Commissaire Anna Diamantopoulou, qui note qu'elle a déjà été utilisée pour la politique de l'emploi et la lutte contre la pauvreté et l'exclusion, avec de bons résultats. Le Parlement ne doit pas, selon elle, craindre d'être écarté du processus: la commission des affaires sociales peut être très bien informée sur ce qui se passe dans ce domaine. La question des retraites doit être réglée sur le plan national, et l'Union n'a pas dit qu'elle veut intervenir dans ces systèmes ou de les orienter, a ajouté la Commissaire, mais, du fait de la mobilité des travailleurs, il est impératif de coopérer dans un domaine qui, à cause du vieillissement de la population, deviendra de plus en plus important pour toute l'Europe.

Au cours du débat, la vice-présidente de la commission des affaires sociales, Marie-Thérèse Hermange (PPE, France), a regretté que "le gouvernement français soit l'un des derniers à prendre la mesure des réformes indispensables et urgentes" qui s'imposent, puisque "en 2040 il n'y aura plus que deux travailleurs pour un seul retraité". Pour Mme Hermange, il faut "favoriser une approche de libre choix, centrée sur les parcours individuels des salariés et leurs différents temps de vie, mettant fin à la retraite-couperet qui provoque un gâchis humain incalculable".

Sommaire

JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES