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Bulletin Quotidien Europe N° 8193
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/aide humanitaire

à l'occasion du bilan 2001 des activités d'Echo, Poul Nielson jette le blâme sur les pays qui méprisent le droit humanitaire et appelle Israël à garantir l'accès aux victimes

Bruxelles, 16/04/2002 (Agence Europe) - La présentation à la presse du bilan 2001 des activités d'Echo (l'Office d'aide humanitaire de la Communauté) a fourni une nouvelle occasion à Poul Nielson, Commissaire européen à l'aide humanitaire, de rappeler qu'Echo intervient surtout pour secourir les populations les plus vulnérables, victimes de crises provoquées plus souvent par l'homme que par la nature, et de jeter le blâme sur les pays qui bafouent les principes fondamentaux du droit humanitaire. Dénonçant avec force les entraves délibérées mises par Israël à l'accès du personnel humanitaire aux victimes à secourir dans les territoires palestiniens, le Commissaire a établi un parallèle entre la situation actuelle à Jenine (en Cisjordanie) et celle en Tchétchénie. «Il y a aujourd'hui une tendance alarmante à la violation croissante du droit humanitaire international. Aucune circonstance ne peut justifier cela. Tous les Etats sont tenus de respecter les Conventions de Genève. Refuser l'accès aux personnes qui appellent désespérément de l'aide est totalement inacceptable. Ignorer les droits inaliénables des individus à l'assistance est une attaque aux valeurs humaines fondamentales et un recul pour l'humanité », a-t-il déclaré.

Notant que les problèmes rencontrés en Cisjordanie sont plus grands qu'en Tchétchénie, où le personnel humanitaire se heurte surtout aux lenteurs bureaucratiques systématiques dans l'octroi des permis de travail et à l'impossibilité de recourir à son réseau de télécommunications, le Commissaire a ajouté: « Il faut convaincre les Israéliens de garantir l'accès aux victimes ». Invité à se prononcer sur l'ampleur de la crise humanitaire à Jenine, Poul Nielson a dit ne pas la connaître exactement, le personnel humanitaire ayant été empêché de se faire une idée précise de la réalité . « C'est une autre conséquence du déni d'accès aux organisations humanitaires. L'absence d'une évaluation normale des besoins ne fait qu'aggraver la situation, car cela nuit à une fourniture efficace de l'aide (…). L'accès aux victimes est crucial, pas seulement pour aider mais pour témoigner aussi », a-t-il déclaré. La Commission a débloqué la semaine dernière 5 millions d'euros pour une aide alimentaire d'urgence, mais « la population a besoin de tout », a-t-il estimé. A propos de l'ouverture de corridors humanitaires suggérée par la Présidence espagnole du Conseil, Poul Nielson a précisé que « dans la pratique, c'est exactement ce qu'on essaie de faire. Le convoi vers Jenine est un couloir temporaire» qui, selon le Commissaire, ne saurait être retenu comme solution permanente, sauf à « se piéger dans une situation qu'on reconnaîtrait de fait alors qu'elle est induite par les Israéliens ». « L'accès est fondamental, l'accès tout court », a martelé M. Nielson en rejetant fermement l'idée d'un « accès conditionnel ». A propos de la destruction des infrastructures palestiniennes, Poul Nielson a déclaré: « il n'y a pas de quantification précise des dommages, mais ils sont importants, sans aucun doute. Nous espérons que nous aurons un partenaire palestinien avec lequel travailler, comme le serait un gouvernement ». Quant à savoir qui paiera la facture, « cela fait partie de la pression morale à exercer sur Israël, mais je n'ai pas beaucoup d'illusions », a dit le Commissaire. A un journaliste qui l'interrogeait sur la portée de son appel aux autorités israéliennes à garantir l'accès aux victimes, Poul Nielson a jugé «tout à fait important » de mobiliser l'opinion publique. « Alerter l'opinion publique pour exercer une pression sur ceux qui se comportent ainsi, c'est la première étape. Nous avons aussi des contacts directs avec les gouvernements concernés », a-t-il assuré avant d'ajouter: « Nous n'avons pas les instruments pour faire respecter les Conventions. Le seul moyen, c'est de faire du bruit ».

Le Commissaire a aussi mis en garde contre le danger qu'il y aurait, pour Echo, à s'écarter de sa mission. « Nous devons rester professionnels, nous en tenir au mandat de base: aider ceux qui souffrent, sinon nous courons le risque de faire de la politique plutôt que de l'humanitaire », a-t-il déclaré, précisant que les aspects politiques des relations extérieures sont du ressort de son collègue Chris Patten.

Interrogé sur les raisons susceptibles d'expliquer les violations croissantes des règles internationales du droit humanitaire dans le monde, Poul Nielson a répondu qu'elles tenaient, selon lui, à « un type de conflit qui remonte aux doctrines des guérillas, qui ignore la distinction entre le civil et le militaire, et prend donc délibérément des civils en otage selon un schéma de plus en plus fréquent qui se démarque des guerres classiques pour lesquelles ont été établies ces règles de droit international». Et de citer les phénomènes d'enfants soldats (comme en Sierra Leone) et des flux de personnes déplacées « qui sont des réfugiés au sein de leur propres pays » comme autant d'illustrations de ces tendances inquiétantes.

Selon le rapport annuel de ses activités, intitulé « Maintenir l'espoir dans un monde changeant », Echo a consacré près de 544 millions d'euros à des programmes d'aide au profit de 15 à 20 millions de personnes dans plus de soixante pays (dont pays ACP: 176,3 millions, Asie: 109,4 millions, Balkans occidentaux: 83,1 millions, Moyen-Orient et Afrique du Nord: 61 millions, Républiques de l'ex-URSS: 58,4 millions, Amérique Latine ; 38,3 millions, etc.). Poul Nielson a cité les interventions d'Echo motivées par des catastrophes naturelles (tremblements de terre en Inde, au Salvador, sécheresses en Afrique, en Asie et en Amérique latine) mais principalement par des « tragédies évitables puisque d'origine humaine » (Afghanistan, Tchétchénie, Palestine, Colombie, Soudan, RDC,Burundi, Angola, réfugiés Sahraouis en Algérie).

Pour faire bonne mesure avec le triste tableau de ces conflits persistants justifiant la poursuite des interventions d'Echo en 2002, Poul Nielson a fait état de développements positifs en Sierra Leone, dans les Balkans et au Timor Oriental.

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