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Bulletin Quotidien Europe N° 8189
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/proche-orient

Le "quartet" UE/Etats-Unis/Russie/ONU appelle Israéliens et Palestiniens à cesser les violences et soutient la mission Powell - Le CAG abordera lundi la question du Conseil d'association UE/Israël

Bruxelles/Madrid, 10/04/2002 (Agence Europe) - L'UE, les Etats-Unis, la Russie et les Nations Unies ont exhorté Israël à "cesser immédiatement les opérations militaires" et appelé le président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat à "faire immédiatement le maximum d'efforts" pour faire cesser les attentats, dans une déclaration conjointe adoptée à l'issue de la rencontre, mercredi à Madrid, entre le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, le ministre espagnol des Affaires étrangères, Josep Piqué, le Haut représentant pour la PESC, Javier Solana, le secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, et le ministre russe des Affaires étrangères, Igor Ivanov. Le "quartet" (c'est ainsi que Kofi Annan l'a appelé) exprime en outre ses craintes pour la stabilité régionale et la situation humanitaire dans les territoires palestiniens, et les Nations unies, l'UE et la Russie réaffirment "leur soutien plein et entier à la mission du secrétaire d'Etat Colin Powell, en appelant Israël et l'Autorité palestinienne à coopérer pleinement avec cette mission et poursuivre les efforts pour rétablir le calme et reprendre le processus politique."

Le quartet appelle "à un cessez-le-feu significatif immédiat et un retrait immédiat d'Israël des villes palestiniennes, y compris Ramallah et le quartier général du président Arafat." "Nous appelons Israël à respecter entièrement les principes humanitaires internationaux et à permettre un plein accès des organisations et services humanitaires", dit la déclaration.

Du côté palestinien, poursuit la déclaration, "nous appelons le président Arafat, en tant que leader reconnu et élu du peuple palestinien, à entreprendre immédiatement le maximum d'efforts possible pour faire cesser les attaques contre des Israéliens innocents. Nous appelons l'Autorité palestinienne à (…) entreprendre toutes les démarches qui sont dans ses capacités pour démanteler les infrastructures terroristes, y compris le financement du terrorisme et à arrêter les incitations à la violence."

Appelant à une solution fondée sur les résolutions 242 et 338 des Nations Unies et le principe de "la paix contre la terre", le quartet "réaffirme son soutien aux objectifs définis par le président Bush et exprimés dans la résolution 1397, à savoir la création de deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans des frontières sûres et reconnues". Il salue le plan de paix du prince héritier d'Arabie Saoudite, Abdullah, comme une "contribution importante pour une paix globale, incluant la Syrie et le Liban".

Le quartet exprime ses "profondes préoccupations après les récentes attaques au Liban à travers la "ligne bleue de l'Onu" et "appelle toutes les parties à respecter la (ligne de démarcation) et arrêter les attaques", car "le conflit ne doit pas s'étendre et menacer la sécurité et la stabilité régionale".

Discussion sur la convocation du Conseil d'association UE/Israël lundi au CAG

A Madrid, le président en exercice du Conseil, Josep Piqué, a confirmé qu'il compte demander la convocation du Conseil d'association entre l'UE et Israël, suggérée par le président de la Commission, Romano Prodi (voir EUROPE d'hier, p. 6). La question sera abordée lors du Conseil Affaires générales lundi prochain à Luxembourg. Interrogé sur la possibilité de sanctions, Josep Piqué a relevé qu'"il est vrai qu'on peut proposer une liste de sanctions qui ont déjà été mises sur la table par certains pays". "Du point de vue de l'UE, il y a plusieurs possibilités que nous analysons", a-t-il précisé. L'accord d'association "donne à Israël des préférences commerciales, mais inclut également une clause sur les droits de l'homme et la démocratie", a rappelé le commissaire aux relations extérieures, Chris Patten, dans un communiqué. "Certains parlementaires ont souligné que le comportement d'Israël remet en question les engagements pris dans cette clause. La première chose à faire est d'avoir une réunion dans le cadre de l'accord et exprimer nos préoccupations aux Israéliens (…). Personne ne souhaite prendre une décision précipitée qui pourrait envenimer les choses", ajoute-t-il. "Tout porte à croire que les Israéliens accordent autant d'importance que nous à ce dialogue et accepteront la réunion", a estimé le porte-parole de la Commission, Jonathan Faull, en précisant, en réponse à une question sur l'absence de Shimon Peres lors du dernier Conseil d'association, que "nous nous attendons à ce qu'ils soient représentés au même niveau que nous." "Certains pensent que l'Europe aurait pu faire davantage, mais nous pensons que ce que nous avons fait est juste, en accord avec les valeurs et les intérêts de l'Europe", a déclaré Javier Solana, lors de la conférence de presse du Quartet.

Le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères italien Silvio Berlusconi, avait déclaré à Rome que "la position commune de l'UE nous semble franchement inadéquate au regard de la gravité de la situation." La Grèce et la Turquie ont annoncé de leur côté une mission commune auprès de Yasser Arafat de leurs ministres des Affaires étrangères, George Papandreou et Ismail Cem, "aussitôt que les Israéliens auront précisé les arrangements" d'une telle visite.

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