Strasbourg, 09/04/2002 (Agence Europe) - Lors d'une conférence de presse, le co-président du groupe des Verts et de l'Alliance libre européenne, Daniel Cohn-Bendit (vert allemand élu en France), a expliqué les raisons qui ont conduit son groupe à se prononcer pour la suspension de l'Accord d'association qui lie Israël à l'Union européenne. Il a qualifié de "inadmissible" la manière dont le gouvernement israélien a traité l'Union européenne et ses représentants et il a estimé qu'elle est contraire à "la culture d'association". Ce faisant, a dit M. Cohn-Bendit, "Israël a suspendu de fait l'accord d'association". "L'Union européenne ne doit pas être masochiste", a-t-il ajouté, en estimant que l'UE doit agir et "sanctionner un comportement politique". Rappelant qu'il subsiste dans d'autres groupes des divergences qui existaient aussi au sein du groupe Verts/ALE quant à un éventuel gel de l'accord d'association, il a répété que ce n'est pas l'Etat d'Israël mais l'attitude du gouvernement de M. Sharon qui est visé et qu'il faut éviter toute confusion entre les deux. Selon M. Cohn-Bendit, l'offensive israélienne dans les territoires palestiniens prouve que l'Europe doit affirmer et se donner les moyens d'une véritable autonomie en matière de politique étrangère et de sécurité commune, et ce à tous les niveaux, politique, stratégique, militaire… Plaidant avec la régionaliste flamande Nelly Maes (Volksunie) pour l'envoi d'une force d'interposition, il a estimé que si une telle initiative continuait à se heurter à un veto des Etats-Unis et d'Israël, "l'UE devrait passer outre". "On peut décider dès aujourd'hui d'envoyer 2000 observateurs, que l'ONU et Israël disent oui ou non (…). Si on fait une fixation sur le Conseil de sécurité, on est échec et mat", a-t-il lancé. Le groupe de la Gauche unitaire et le groupe socialiste sont aussi favorables à la suspension de l'accord, a rappelé la co-présidente des Verts/ALE Monica Frassoni (verte italienne élue en Belgique) qui a aussi estimé que les positions d'autres groupes peuvent encore évoluer, en notant que le groupe libéral s'est prononcé contre mais que 40% de ses membres sont favorables à la suspension.
Lors d'une autre conférence de presse, la socialiste française Pervenche Berès a dit que si, au sein du groupe PSE, les membres espagnols, allemands et italiens notamment tiennent à la suspension de l'accord d'association, d'autres délégations y restent opposées. Elle a noté que de MM. Védrine et Jospin estiment que cette suspension serait contre-productive. La majorité de la délégation française se ralliera finalement à la position du groupe en faveur de la suspension de l'accord, mais Mme Berès s'abstiendra et certains députés voteront contre, comme François Zimeray.
Tout en reconnaissant le caractère inadmissible du refus israélien de laisser les représentants de l'UE rencontrer qui ils veulent, le président du groupe PPE/DE, Hans-Gert Pöttering (CDU) a indiqué à la presse que "la majorité (de son groupe) n'est pas pour la suspension de l'accord d'association" mais il a souhaité une réunion extraordinaire du Conseil d'association UE-Israël, comme l'a proposé le président de la Commission européenne, Romano Prodi.