Bruxelles, 09/04/2002 (Agence Europe) - Alors que le Parlement européen devrait se prononcer sous peu, en deuxième lecture, sur la position commune adoptée en décembre par le Conseil à propos de la proposition de directive relative à la protection des données dans le secteur des communications électroniques, le patronat européen, par la voix de l'Unice, s'inquiète du sort qui sera réservé aux "cookies", ces mouchards utilisés par les administrateurs de sites web pour surveiller l'activité et les habitudes de navigation des internautes. L'Unice estime en effet que les mesures adoptées pourraient constituer un frein au développement de l'Internet et décourager les consommateurs.
Le sujet est très controversé. D'une part, le Parlement souhaite que les Etats membres interdisent l'utilisation des réseaux de communications électroniques pour stocker des informations emmagasinées dans l'équipement terminal d'un abonné ou d'un utilisateur. Le Conseil, d'autre part, est plus nuancé: dans sa position commune, adoptée formellement le 28 janvier dernier, il prévoit que le consommateur devra être informé de la présence de cookies et qu'il devra y avoir des possibilités d'opt-out faciles à enclencher. L'Unice craint que cette démarche d'information préalable ne crée des barrières à l'utilisation de l'Internet et ne réduise la convivialité des sites web. Le risque, estime l'organisation des milieux d'affaires, "est que les utilisateurs d'Internet soient noyés sous un déferlement de 'pop-up windows' les avertissant de l'envoi de chaque cookie". L'Unice fait valoir qu'une telle option rendrait l'expérience d'Internet extrêmement incommode et créerait un facteur dissuadant le consommateur d'utiliser Internet, ce qui est contraire à l'objectif de la Commission visant à "mettre l'Europe en ligne". Dans un communiqué, l'Unice souligne soutenir le principe de l'information du consommateur sur les possibilités d'utilisation des données personnelles ainsi que le principe visant à lui permettre de réduire cette possibilité d'utilisation, mais elle appelle les institutions européennes à s'abstenir de "créer des barrières inutiles à l'Internet et à chercher à améliorer la position commune du Conseil dans le sens d'une solution viable".