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Bulletin Quotidien Europe N° 8140
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/grece

Costas Simitis esquisse les priorités de la présidence grecque et évoque la reprise du dialogue à Chypre - Le texte sur l'utilisation des capacités de l'OTAN dans le cadre de la Pesd demeure « inacceptable »

Bruxelles, 30/01/2002 (Agence Europe) - Alors que la Commission européenne saluait mercredi la rigueur budgétaire de la Grèce (voir autre nouvelle), son Premier ministre Costas Simitis avait des entretiens à Bruxelles avec le président de la Commission Romano Prodi et participait à la réunion hebdomadaire du Collège. MM. Simitis et Prodi ont fait part à la presse des principaux éléments sur lesquels a porté leur "dialogue amical", à savoir les priorités de la Présidence grecque de l'UE, qui débutera le 1er janvier 2003, la question de Chypre, l'avenir de l'Europe, l'Arym et l'utilisation des capacités de l'OTAN dans le cadre de la PESD.

Romano Prodi a souligné devant la presse que la Grèce joue un rôle de première importance dans les Balkans en contribuant de façon essentielle au développement et à la stabilité de la région, "ce dont nous lui sommes reconnaissants". Il s'est également félicité du fait que les priorités de la future Présidence grecque de l'Union "coïncident" avec celles de la Commission. Ces priorités, M. Simitis les a égrenées, commençant par l'élargissement qui représente à ses yeux un élément positif pour la stabilité politique et économique de l'Europe centrale. "C'est pourquoi il faut respecter l'échéancier et mettre la dernière main aux négociations fin 2002", a-t-il dit, précisant que le respect du calendrier constitue un "message important pour les pays qui ne feront pas partie de la première vague (...) et qu'il faudra rassurer et les assurer qu'ils rejoindront l'UE une fois les réformes nécessaires accomplies". Abordant l'épineux dossier de Chypre, le Premier ministre grec a salué la reprise des discussions entre le président Clerides et Rauf Denktash, le leader de la communauté turque de l'île, en espérant "que nous aurons bientôt des propositions des Chypriotes turcs qui offriront des amorces de solutions". Costas Simitis a insisté sur "l'effet de levier" que constitue la question de l'adhésion de Chypre à l'UE pour la résolution d'un conflit presque trentenaire. Questionné sur les désaccords qui opposent son pays à l'ex-République Yougoslave de Macédoine, il a répondu laconiquement que "la Grèce s'est mise d'accord avec l'Arym pour que le différend soit réglé dans le cadre des Nations Unies". Soulignant que le sud de l'Europe est confronté à une vague d'immigration en provenance d'Afrique et d'Asie, le Premier ministre grec a aussi indiqué que la mise en oeuvre des décisions du Sommet de Tampere relatives à l'immigration, à l'immigration illégale et au droit d'asile constituerait la priorité des priorités de la présidence grecque de l'UE. Le processus enclenché à Lisbonne ne sera pas non plus oublié, a-t-il ajouté, en précisant que "il faudra mettre le turbo sur la technologie et la formation". M. Simitis a estimé que le thème de la cohésion sociale était aussi très important, de même que celui de "l'ouverture de certains secteurs du marché qui n'ont pas encore fait l'objet d'une libéralisation". A propos du débat sur l'avenir de l'Europe, il s'est prononcé sans ambiguïté en faveur d'une "Union politique avec un système fédéral", tout en indiquant qu'il faudra "conserver des mécanismes actuels qui ont fait leurs preuves". "Il faudra tenir compte du poids accru de la Convention", a-t-il dit, espérant qu'elle "trouvera des amorces de solutions sur la PAC et la cohésion". Et de conclure sur ce chapitre que l'Union aborde "une période aussi difficile que captivante, dans la mesure où elle ouvre de nouveaux horizons". D'une manière générale, M. Simitis s'est voulu confiant dans l'avenir, "l'adhésion des citoyens à l'euro prouvant bien qu'ils attendent des solutions communes".

Interrogé sur le refus par la Grèce du texte négocié par le Royaume-Uni, les Etats-Unis et la Turquie en vue de débloquer l'accord entre l'UE et l'OTAN sur l'utilisation des capacités de l'Alliance dans le cadre de la PESD, M. Simitis a exprimé une nouvelle fois sa position selon laquelle ce texte est irrecevable pour Athènes, dans la mesure où il ne s'agit pas d'une solution élaborée selon les règles institutionnelles de l'UE mais du fruit d'une négociation entre un Etat membre et des pays tiers qui constitue une "tentative de transfert d'un certain mode d'organisation, inacceptable pour nous". La Grèce continue donc de penser que la défense fonctionnera mieux s'il n'y a pas de divergences d'interprétation entre pays membres de l'UE et de l'OTAN. "Dans le contexte de la PESD, on doit être prêts à assumer toutes les obligations découlant de l'application des traités. Ni plus, ni moins", a-t-il conclu en confirmant que la Grèce ferait bientôt de nouvelles propositions en vue de débloquer le dossier.

Dans l'après-midi, M. Simitis devait rencontrer le Commissaire à l'agriculture Franz Fischler pour examiner avec lui le problème du coton et du tabac en Grèce, à un moment où les agriculteurs ont lancé dans le nord du pays une importante mobilisation sur les prix du coton et les dédommagements européens attendus après les intempéries de ces dernières semaines.

Jeudi, M. Simitis prononcera un discours au Collège d'Europe de Bruges sur le thème de l'avenir de l'Europe.

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