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Bulletin Quotidien Europe N° 8140
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/pe/convention

Ana Palacio représentera le gouvernement espagnol et Louis Michel, la Belgique- M. Mendez de Vigo constate que la Convention sera « l'exercice politique le plus important de l'actuelle législature » - la polémique sur les choix opérés par le bureau du groupe PSE prend de l'ampleur

Bruxelles, 30/01/2002 (Agence Europe) - Le Premier ministre espagnol José Maria Aznar a choisi Ana Palacio pour représenter le gouvernement espagnol au sein de la Convention sur l'avenir de l'Europe. Mme Palacio, qui est membre du groupe PPE-DE et présidente de la commission des liberté et des droits des citoyens au Parlement européen, devient ainsi le deuxième député européen, avec Jacques Santer pour le Luxembourg, à représenter son gouvernement au sein de la Convention (les deux députés continuent évidemment d'exercer leurs activités de parlementaires). La Belgique a aussi désigné ses représentants à la Convention. Le gouvernement sera représenté par le ministre des Affaires étrangères Louis Michel et le parlement par le président du parti socialiste, Elio di Rupo, et le président du VLD, Karel De Gucht, tous deux anciens députés européens.

Par ailleurs, lors de la réunion constitutive de la délégation du PE au sein de la Convention, son président, Inigo Mendez de Vigo (PPE-DE, espagnol), a souligné que le fait que la délégation du PE soit la première composante de la Convention à se constituer formellement doit être interprété comme un signal clair de la volonté de se mettre au travail « sans perdre de temps » et il a réaffirmé l'importance de l'enjeu de cette Convention qui sera « l'exercice politique le plus important de l'actuelle législature ». Il a aussi affirmé que cette délégation essaiera d'être « le champion de l'ouverture et de la transparence » et qu'elle assurera « des liens étroits avec la société civile et les citoyens européens ». MM. Mendez de Vigo et Hänsch, qui sont aussi les représentants du PE au sein du présidium, ont rencontré MM. Amato, Dehaene et Giscard d'Estaing. M. Mendez de Vigo a aussi indiqué qu'il rencontrera le président du parti du PPE, Wilfried Martens, lors de chaque réunion des membres PPE de la Convention. Le social-démocrate allemand Klaus Hänsch, vice-président de la délégation du PE, a déclaré pour sa part: « La Convention doit oser le pas vers un processus constitutionnel européen. Pour cela, il n'y a pas lieu de réinventer la roue mais il faut améliorer la capacité décisionnelle de l'Union, renforcer sa cohésion et affiner ses compétences. La Convention devrait se concentrer sur la question centrale de l'avenir de l'Union et ne pas se perdre dans le monde merveilleux des rêves. Elle devrait présenter encore avant la pause estivale un premier projet cohérent, qui servira de base à la suite des travaux au sein de la Convention et au débat avec l'opinion publique européenne ». L'autre vice-président, le libéral démocrate britannique Andrew Duff a estimé que les députés européens devront « aider la Convention à surmonter ses difficultés initiales » et introduire une approche parlementaire dans ses travaux en veillant à « renforcer à la fois sa capacité et son ambition ». Le président de la commission des affaires étrangères du PE, l'Allemand Elmar Brok (CDU), qui est aussi membre de la délégation à la Convention, s'est dit inquiet du rôle que pourrait jouer le présidium, où les gouvernements sont mieux représentés que les parlements, et il a dit qu'il faut éviter que celui-ci ne se transforme en une sorte de directoire soumettant des textes pour approbation à la plénière qui ne serait alors plus qu'une chambre d'enregistrement. Un point de vue que partage aussi l'élu autrichien de l'ÖVP, Reinhard Rack, qui plaide pour la transparence et affirme que «la Convention ne doit pas se cacher derrière des portes fermées ». Il rappelle que les parlements nationaux et le Parlement européen disposent de la majorité au sein de la Convention et il estime qu'il faudra repousser toutes les tentatives des gouvernements qui viseraient, notamment par des manoeuvres procédurales, à dominer la Convention. Le Français Alain Lamassoure (UDF) a, en parlant à des journalistes, insisté sur la nécessité pour la Convention de parvenir à dégager des positions majoritaires en fin de processus. « Face aux affamés du consensus, il faudra avoir le courage de prendre des décisions à la majorité », a dit M. Lamassoure, qui est membre de la délégation du PE. Pour lui, « l'existence même de la Convention est une reconnaissance de l'impuissance du Conseil ». « Rédiger le statut de la grande Europe, il ne sait pas le faire ; c'est pourquoi, il a refilé le bébé à quelqu'un d'autre », a ajouté M. Lamassoure en estimant que la Convention devra « faire en sorte que le travail de la CIG soit presque formel ».

Polémique au groupe socialiste

Après les lettres envoyées la semaine dernière par le travailliste britannique Richard Corbett et le social-démocrate allemand Jo Leinen (voir EUROPE du 25 janvier, p.5, et des 28/29, p.6), c'est la sociale-démocrate allemande Dagmar Roth-Behrendt qui a écrit au président Enrique Baron, en qualité de présidente des coordinateurs du groupe, pour protester contre la manière dont le bureau du groupe a désigné les membres socialistes de la délégation du PE à la Convention. Elle rappelle que les coordinateurs sont élus par les membres de leurs commissions respectives et elle estime que le bureau a fait une faute en ne nommant pas le coordinateur de la commission constitutionnelle et en attribuant les cinq places dévolues à des socialistes au sein de la délégation du PE à la Convention à autant de membres du bureau du groupe. « Les coordinateurs demandent au bureau de reconsidérer sa décision » mais aussi de discuter à nouveau des relations entre eux et le bureau dans le cadre d'une réunion conjointe, indique Mme Behrendt.

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