Bruxelles, 30/01/2002 (Agence Europe) - La 3ème session du Conseil d'Association UE-Tunisie s'est terminée, le 29 janvier à Bruxelles, sur le constat commun que la coopération fonctionne bien, malgré quelques différences d'analyse sur le niveau des appuis communautaires aux réformes économiques dans ce pays. Les deux délégations ont aussi échangé leurs vues sur les relations UE-Tunisie, UE-Maghreb et Sahara, sur la situation au Maroc, en Algérie et en Libye, et sur l'évolution du processus de Barcelone. La situation au Moyen Orient et la lutte contre le terrorisme ont été évoquées en particulier lors du déjeuner.
Pour le président du Conseil de l'UE, Josep Piqué, qui avait à son côté le Commissaire Chris Patten, la « collaboration avec la Tunisie est excellente ». M. Piqué a noté que la mise en œuvre de l'accord d'association - qui est dans sa quatrième d'année d'application - produit de bons résultats et a espéré qu'une « impulsion significative » soit donnée au volet social et à celui sur les services, un souhait qui rencontre le vœu des Tunisiens. M. Patten a, de son côté, qualifié la Tunisie de «pionnier de la politique d'association» et la situe à « l'avant-garde » dans le processus de Barcelone.
Le ministre tunisien des Affaires étrangères Habib Ben Yahia a plaidé pour sa part pour une « approche globale » ouverte à la dimension culturelle et « de civilisation » et a salué « l'évolution positive » des relations avec l'UE, informant ses partenaires des résultats de la large consultation nationale organisée dans son pays. Elle « nous a donné une impression positive et permis de mesurer le chemin accompli et celui qui reste à parcourir » dans le programme d'ancrage de la Tunisie à la Communauté, a-t-il dit, tout en craignant un ralentissement du soutien financier européen. M. Patten a tenu à le rassurer en relevant « l'excellente capacité d'absorption de la Tunisie » et a promis que le niveau de l'aide sera maintenu entre MEDA1 (sur 5 ans) et MEDA2 (sur trois ans).
M. Ben Yahia a aussi affirmé la volonté de la Tunisie d'agir pour donner corps au processus d'intégration maghrébine dont le texte fondateur sera signé en mai probablement à Tunis, en espérant que les autres pays arabes riverains de la Méditerranée (Algérie, Liban et plus tard Syrie et Libye) se joindront au groupe déjà formé. Il a aussi indiqué que la Tunisie soutient le projet de Banque ou institution financière EuroMed, dont elle aurait d'ailleurs pris l'initiative dès le début des années 90 par un « mémo remis au ministre espagnol des Affaires étrangères, M. Abel Matutes ». Il se réjouit donc que le projet "vienne à maturation".
Lors de la rencontre, il a été également question des aspects politiques des relations euro-tunisiennes. Dans son intervention, lors de la session formelle, Josep Piqué a salué « les engagements pris » par le président Ben Ali, notamment le 7 novembre dernier. « Nous vous encourageons à poursuivre les efforts afin d'assurer une démocratie pluraliste permettant à toutes les composantes de la société civile de participer effectivement et sans entrave à la vie publique ». M. Ben Yahia a regretté pour sa part l'attitude négative des ONG à ce sujet (voir p. 5), en leur reprochant de pratiquer « l'amalgame entre les droits de l'homme et la lutte contre l'intégrisme » et en ajoutant: « nous ne sommes pas parfaits mais nous sommes perfectibles ».