Bruxelles, 18/01/2002 (Agence Europe) - La découverte d'un antibiotique interdit -le chloramphénicol- dans de la viande de veau commercialisée en Allemagne, en France et en Autriche par une société allemande sise en Allemagne mobilise l'attention de la Commission européenne. L'information, communiquée jeudi par un communiqué conjoint du ministère de l'Agriculture allemand et du Land de Basse-Saxe, Etat régional où est implanté l'abattoir d'où provient la viande suspecte, n'a pas été notifiée à la Commission, comme elle aurait dû l'être, via le système communautaire d'alerte rapide qui permet à la Commission d'être informée de tout incident alimentaire susceptible de présenter un risque pour la santé humaine, et de répercuter l'information à tous les Etats membres quand les denrées contaminées ont été exportées d'un Etat membre vers un ou plusieurs autres. Selon le porte-parole de David Byrne, Commissaire à la protection de la santé et des consommateurs, la Commission a pris contact vendredi avec les autorités allemandes pour leur demander de communiquer dans les plus brefs délais toutes les informations dont elles disposent sur l'origine de cet incident et de s'expliquer sur les raisons de leur manquement à l'obligation d'actionner le système d'alerte rapide.
Le chloramphénicol est utilisé exclusivement pour traiter certaines maladies mortelles telles que le typhus, la typhoïde ou la coqueluche, car il présente des risques d'anémie grave par diminution des globules rouges et blancs. Selon les autorités allemandes, sa présence dans de la viande destinée à la consommation humaine serait due à "une erreur technique administrative du laboratoire de Basse-Saxe" qui aurait confondu les tests réalisés sur un animal contaminé et un animal sain. Les autorités compétentes de la France, l'Autriche et des deux Länder allemands concernés auraient été informées, tout comme les clients du centre d'abattage, lesquels auraient déjà procédé au retrait de la viande contaminée. L'antibiotique incriminé est le même que celui retrouvé dans des déchets de crevettes pour la fabrication de farine de poissons destinée à l'alimentation de bétail, importée d'Asie par une entreprise néerlandaise et commercialisée par l'Allemagne sur son territoire, en Autriche et au Danemark. Cet incident n'a pas non plus été notifié à la Commission (le système d'alerte rapide actuellement en vigueur ne couvre pas les aliments pour animaux, mais son extension aux aliments pour bétail est imminente).
La Commission a demandé aux autorités néerlandaises et allemandes toutes les informations nécessaires et aux autorités néerlandaises des explications sur le retard qu'elles ont pris pour informer l'Allemagne de l'incident. Les deux affaires seront discutées lors de la prochaine réunion du comité vétérinaire permanent prévue les 22 et 23 janvier.