Bruxelles, 10/12/2001 (Agence Europe) - Lors d'un symposium sur « La Turquie et l'Union européenne » organisé par la Fondation Konrad Adenauer, le vice-premier ministre turc Mesut Yilmaz a souligné les efforts importants réalisés par la Turquie au cours des derniers mois pour se réformer et il a estimé que l'évaluation du processus d'adhésion de la Turquie que vient de faire la Commission européenne, dans le cadre de ses rapports d'étape sur les pays candidats, « manque de vision politique ». « La Commission n'a pas su distinguer les principales évolutions politiques et économiques qui sont positives et certains faits spécifiques qui vont quelquefois à contre-courant de la tendance générale », a-t-il dit avant d'affirmer: « Nos relations avec l'UE sont si sensibles et si importantes qu'elles ne peuvent pas être développées en l'absence d'une vision large de partenariat ». Evoquant ensuite le dossier chypriote, M. Yilmaz a affirmé que toute évaluation des efforts turcs pour un règlement pacifique de la question de Chypre doit « reconnaître qu'il y a d'autres acteurs », et a insisté sur le fait que l'adhésion de Chypre doit rester liée à un règlement politique « fondé sur une reconnaissance claire qu'il existe deux peuples sur l'île et que l'Etat de Chypre repose sur le principe d'égalité entre ces deux peuples ». M. Yilmaz a regretté que les Chypriotes-turcs ne puissent pas participer aux négociations d'adhésion et il a dit qu'une solution qui accorderait l'adhésion aux Chypriotes-grecs pour l'ensemble de l'île serait extrêmement dangereuse. Pour lui, la meilleure solution consisterait à rechercher un règlement politique viable pour Chypre en parallèle avec des progrès substantiels pour le processus d'adhésion de la Turquie. Cela ne doit pas être interprété comme une tentative de la Turquie de se servir de Chypre pour entrer dans l'UE, a précisé M. Yilmaz avant d'ajouter: « Nous reconnaissons la nécessité d'accélerer nos processus de réforme pour adapter notre système politique aux critères de Copenhague et établir une économie de marché plus compétitive et qui fonctionne mieux. L'Union européenne et ses Etats membres ne peuvent pas le faire pour nous. C'est notre responsabilité, mais l'Union européenne peut faciliter la réalisation de cet objectif (…). Nous avons besoin d'une perspective plus claire et plus définitive pour l'adhésion de la Turquie. Nous espérons que dans quelques jours au Sommet de Laeken, l'Union européenne pourra donner un signal plus clair à la Turquie (…) il devrait y avoir des mesures tangibles (…) comme un dialogue politique plus approfondi, une coopération financière conséquente et des efforts plus importants pour l'harmonisation de notre législation avec l'acquis de l'UE ».