Bruxelles, 03/12/2001 (Agence Europe) - L'Union européenne a condamné le 2 décembre les attentats suicide qui ont fait de nombreuses victimes samedi à Jérusalem et dimanche à Haïfa.
La Présidence belge du Conseil de l'UE a adopté une déclaration dans laquelle elle "exprime sa plus grande révulsion et condamne avec fermeté les attentats terroristes perpétrés à Jérusalem et à Haïfa. Elle présente ses plus sincères condoléances aux familles des victimes ainsi qu'au gouvernement israélien. La Présience rappelle la déclaration du 13 août par laquelle l'UE a exprimé son rejet absolu des actes de terreur et en particulier ceux qui ont pour cible des civils innocents (voir EUROPE du 15 août, p.2). La Présidence appelle l'Autorité palestinienne à tout mettre en oeuvre pour arrêter et traduire en justice les auteurs de ces actes ignobles et pour en prévenir la répétition. Elle engage les parties à s'atteler sans délai et résolument à la reprise d'une coopération sécuritaire effective en vue de désamorcer le cycle de la violence. La Présidence affirme la ferme intention de la communauté internationale de ne pas permettre à l'extrémisme et au terrorisme de saborder les efforts diplomatiques en cours qui visent à relancer le processus politique au Proche-Orient".
Le Haut Représentant pour la PESC Javier Solana s'est exprimé dans le même sens, en appelant l'Autorité palestinienne à "oeuvrer pour une coopération efficace en matière de sécurité", et en soulignant que les Israéliens et les Palestiniens "ne devraient pas céder à la pression des ennemis de la paix ni de ceux qui veulent saboter les efforts vers cet objectif". Par ailleurs, M. Solana a dit considérer la proclamation de l'état d'urgence par l'Autorité palestinienne comme "un premier pas dans la bonne direction".
Le Président de la Commission européenne Romano Prodi a envoyé au Premier ministre israélien Ariel Sharon un télégramme dans lequel il exprime la "ferme condamnation" de ces attentats par la Commission européenne, qui réaffirme "son rejet total de tout acte de terrorisme et souligne l'urgence d'une reprise du dialogue afin de restaurer la paix".
De retour d'un séjour en Israël et dans les territoires palestiniens, le Président du groupe de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique au Parlement européen, Francis Wurtz, s'est dit "horrifié par des actes aussi délibérément cruels et meurtriers", tout en ajoutant: "que le gouvernement décide de "venger" les victimes de ces attentats , et l'on verra se réduire toujours plus (...) la faible marge de manoeuvre de l'Autorité palestinienne pour tenter de briser le dramatique cercle vicieux (..) dans lequel le conflit est bloqué depuis l'élection d'Ariel Sharon". Palestiniens et Israéliens ont tout à perdre à une telle "fuite en avant sanglante et irresponsable", estime M. Wurtz, qui se demande: "L'intérêt d'Israël n'est-il pas de laisser à son seul interlocuteur palestinien possible (Yasser Arafat) les moyens réels de contribuer à enrayer le cycle désespérant de la violence?". Et, en estimant que ceci "passe par l'arrêt des opérations militaires et des assassinats ciblés à Gaza et en Cisjordanie, par l'arrêt de toute nouvelle construction ou extension de colonies de peuplement, par l'arrêt de l'asphyxie économique et financière des territoires palestiniens", il constate qu'en Israël "des voix lucides et courageuses s'élèvent, dans la société comme à la Knesset, en faveur d'un tel retour à la recherche d'une issue politique à la crise".