Bruxelles, 03/12/2001 (Agence Europe) - Le Conseil fédéral du Mouvement européen international présidé par le député européen José Maria Gil-Robles a, lors de sa réunion des 30 novembre et 1er décembre à Bruxelles, examiné un rapport du président du Mouvement international-Belgique, Charles-Ferdinand Nothomb qui a suscité un vif débat entre ceux qui voudraient aller plus loin sur la voie du fédéralisme et les tenants d'une approche plus modérée. Le Conseil fédéral a demandé à M. Nothomb de retravailler son texte, en tenant compte de ces deux grandes tendances, d'ici janvier prochain, afin de pouvoir le remettre à la Convention qui préparera la réforme institutionnelle.
En attendant, le Conseil fédéral a adopté une déclaration dans laquelle il affirme en particulier que le Conseil européen de Laeken doit relancer le débat sur l'avenir de l'Europe "avec un mandat assez ouvert et ambitieux, en définissant son contenu, sa méthode et le calendrier, mais aussi (...) les contours de ce que devrait être l'Union et son système institutionnel après l'élargissement". "Il est temps de définir un véritable projet politique pour l'Europe", indique le Mouvement européen international, qui "s'engage à présenter en temps utile ses idées et ses propositions précises en ce qui concerne un modèle fédéral européen applicable à notre Union élargie et ainsi nourrir les travaux de la Convention". Celle-ci, selon la déclaration, "doit aboutir à l'adoption d'un projet cohérent et complet, une Constitution pour l'Union devant être l'objectif de la Conférence intergouvernementale de 2003". La déclaration évoque, dans un autre passage faisant une synthèse des deux grands tendances, la "finalité fédérale", en indiquant qu'elle doit être formulée d'une manière correspondant aux "exigences de l'unité et à la diversité des cultures politiques en Europe".
Devant le Conseil fédéral, Pier Virgilio Dastoli, Secrétaire sortant du Mouvement européen international (et qui a été désigné Secrétaire général honoraire et confirmé dans ses fonctions de président d'une commission "société civile et monde académique"), a présenté son "rapport moral" , dans lequel il fait un bilan de six ans, en mettant l'accent en particulier le Congrès de La Haye de mai 1998, sous la présidence de Mario Soares, et la création du Forum permanent de la société civile européenne et de "The Academic Agora on the Future of Europe" présidé par Jean-Victor Louis. Dans son rapport, M. Dastoli (qui a été pendant des années le collaborateur le plus proche d'Altiero Spinelli) regrette que, sur la Constitution et le fédéralisme, l'attitude du Mouvement européen ait été longtemps "excessivement frileuse", tout en constatant que, après le Congrès de La Haye, "nous avons passé le Rubicon et nous avons demandé sans ambiguïté une Constitution pour l'Europe" et que, lors de la révision des statuts, "nous avons mis dans notre ADN le caractère fédéral -sans adjectifs, démonstratifs ou diminutifs- de notre bataille politique".
M. Duff propose pour la présidence de la Convention Schäuble, Ruggiero ou Sutherland
Le libéral démocrate britannique Andrew Duff, membre du Parlement européen (et qui sera probablement le principal représentant du groupe libéral au sein de la future Convention, indique un communiqué), a souligné devant le Conseil fédéral que le choix du président de la Convention allait être l'une des plus importantes décisions du Sommet du Président de Laeken. "Nous avons besoin de quelqu'un qui ait une capacité pratique de présider et qui ne soit pas trop enchanté par le son de sa propre voix", a-t-il dit, en ajoutant que la Convention ne fonctionnera pas si on la considère comme "le Congrès de Vienne". Et il a ajouté: "S'il n'y a personne, au sein du Conseil européen actuel, qui est prêt à démissionner pour s'occuper de la Convention, je ne rechercherais pas d'anciens grands hommes dans les archives. Franchement, je préfèrerais quelqu'un de première classe dans la deuxième catégorie de personnalités européennes - un Wolfgang Schäuble, un Renato Ruggiero ou un Peter Sutherland - à quelqu'un de deuxième classe dans la première catégorie". (Remarquons à cet égard que certains experts ont évoqué, outre les noms de l'ancien président de la CDU, du ministre italien des Affaires étrangères et de l'ancien Commissaire européen et ancien directeur général du GATT, également celui du Commissaire européen Antonio Vitorino, qui avait participé activement aux travaux de la Convention qui a rédigé la Charte des droits fondamentaux européens).