Bruxelles, 03/12/2001 (Agence Europe) - « Le message politique lancé par ce Conseil, c'est que l'Union européenne veut s'insérer dans le cercle vertueux de la croissance économique, de la création d'emplois et de la justice sociale », a déclaré Anna Diamantopoulou à l'issue des travaux du Conseil Emploi de ce lundi, « qui s'est très bien passé puisqu'en quatre heures il y a eu accord sur tous les points de l'ordre du jour », a renchéri la Présidente du Conseil Laurette Onkelinx.
Commentant les travaux sur l'emploi, Laurette Onkelinx a rappelé la tenue, le 13 décembre d'un Sommet Social, qui réunira la Commission, le Conseil et les partenaires sociaux européens, dont les conclusions seront présentées au Conseil européen de Laeken et, pour la première fois, intégrées dans les conclusions de ce Sommet. Mme Onkelinx a fait part aussi de l'important travail de négociation mené par la Présidence belge avec le Parlement européen sur la directive « Renault » sur l'information-consultation des travailleurs, et a rappelé qu'un accord politique avait été atteint sur ce dossier lors du Conseil du 11 juin dernier et que la directive fait à présent l'objet d'une procédure de consultation avec le PE ("et nous espérons la terminer ce mois-ci", a-t-elle ajouté). Parmi les autres résultats positifs de ce Conseil, Laurette Onkelinx a relevé: 1) l'accord politique sur la directive « protection des travailleurs en cas d'insolvabilité de l'employeur » : "cette directive est très importante pour la mobilité des travailleurs et la protection de leurs droits dans un contexte économique difficile", elle exige l'établissement dans chaque Etat membre d'un fonds de fermeture de l'entreprise qui assure aux travailleurs salariés dont l'employeur est devenu insolvable, le paiement d'un minimum de trois mois de salaire minimum garanti avec une période de référence de six mois; 2) l'adoption de conclusions sur la nécessité de disposer d'emplois de qualité et l'adoption du paquet d'automne « emploi » (lignes directrices 2002, rapport conjoint sur l'emploi 2001 et accord politique sur les recommandations aux Etats membres). « L'objectif est de réformer le marché de l'emploi mais aussi de reconstruire un modèle social où la qualité est de mise ; c'est presque une antinomie par rapport au système américain », a ajouté Mme Onkelinx. Pour créer des emplois de qualité, le Conseil a approuvé une liste de 21 indicateurs qui sera opérationnelle en 2002 et permettra de déterminer les progrès réalisés en cette matière dans les Etats membres: rémunérations (avec une attention particulière aux bas salaires), formation, inégalité salariale pour les femmes, santé et sécurité au travail, flexibilité et sécurité, insertion et accès au marché du travail, organisation du travail et équilibre entre vie professionnelle et vie privée, performance générale du travail, dialogue social et participation des travailleurs, diversité et non-discrimination envers les minorités ethniques, immigrés, travailleurs âgés, handicapés… ; 3) l'adoption de conclusions sur la médiation sociale en Europe (dont l'objectif n'est pas de mettre en cause les procédures de conciliation dans chacun des Etats membres mais de favoriser le dialogue et la concertation des travailleurs au niveau transnational) et sur la responsabilité sociale des entreprises.
Frank Vandenbroucke a souligné pour sa part les trois priorités du Conseil: 1) coordination des systèmes de sécurité sociale (voir plus haut) ; 2) adoption des indicateurs et du rapport conjoint Commission/Conseil sur la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale; 3) adoption du rapport sur la qualité et la viabilité des pensions. A propos de la lutte contre la pauvreté, Anna Diamantopoulou a souligné l'importance de l'accord sur les indicateurs. « 80% de la population européenne, soit 60 millions de personnes courent le risque de sombrer dans la pauvreté. Nous sommes confrontés ici à une première pour la CE: on va appliquer la méthode ouverte de coordination à la pauvreté et aux retraites, ces dernières devant avoir une dimension sociale ».
Signalons aussi que le Conseil a décidé que 2003 serait l'Année européenne des personnes handicapées, une décision qui a une valeur symbolique, puisque le 3 décembre était la journée européenne des personnes handicapées. EUROPE reviendra sur les derniers résultats de ce Conseil.