Bruxelles, 22/10/2001 (Agence Europe) - Le Forum euroméditerranéen de la société civile, réuni à Bruxelles les 19 et 20 octobre, a appelé l'UE à « sortir de l'ambiguïté actuelle » vis-à-vis de la Méditerranée où « la situation est rendue aujourd'hui encore plus dangereuse par la politique américaine ». Pour les ONG et associations euroméditerranéennes, « il ne peut y avoir de sécurité régionale sans prise en considération des profondes inégalités et des problèmes à long terme du développement économique ». Elles ont aussi demandé « la création d'une force civile internationale de protection de la population palestinienne » et l'arrêt du commerce des armes entre Israël et les pays d'Europe.
Les débats ont porté sur: - les politiques migratoires et le besoin de lutter plus vigoureusement contre un racisme dont la recrudescence inquiète les ONG. L'idée est d'organiser dans un an des « assises de l'immigration euroméditerranéenne »; - les échanges culturels: estimant que le processus de Barcelone « n'a pas déployé tout son potentiel », les ONG prônent une « politique du livre et des traductions »; - le renforcement des droits des femmes dans cet espace commun: un séminaire devrait en traiter avant chaque session ministérielle.
Lettre de protestation au Président Prodi, les ONG et associations euroméditerranéennes indiquent qu'elles ont « enregistré avec étonnement l'absence de tout représentant de la Commission » à Forum, et s'indignent de cette "indifférence" à l'égard des "forces vives d'une société civile de plus en plus marginalisée dans la mise en œuvre du processus de Barcelone ». Aucun représentant des institutions européennes n'a en effet répondu à l'invitation, pas même les fonctionnaires directement en charge du dossier et qui ont géré le financement communautaire de cette manifestation. Seul le diplomate belge qui coordonne le processus de Barcelone était présent aux débats.