Bruxelles, 22/10/2001 (Agence Europe) - Sommet "informel" de Gand, vendredi 19 octobre, 20 h 30 environ. Première conférence de presse. Coincé entre les déclarations-fleuve du Président du Conseil européen, Guy Verhofstadt, et l'heure du dîner, le président de la Commission européenne, Romano Prodi, aura à peine le temps de s'exprimer. Vraisemblablement froissé, il choisira de ne pas être présent à la seconde conférence de presse de la soirée trois heures plus tard: "il craignait de ne pas avoir l'occasion de pouvoir s'y exprimer", a indiqué lundi son porte-parole, Jonathan Faull. L'incident est à replacer dans le contexte de la lettre "privée" adressée le 12 octobre par le président de la Commission à M. Verhofstadt, lettre restée jusqu'à présent sans réponse dans laquelle M. Prodi, se référant au Conseil extraordinaire de Bruxelles du 21 septembre, s'inquiétait de l'organisation des conférences de presse conjointes.
Chaque pays, chaque présidence de l'UE a son style, a déclaré en substance M. Faull, précisant que les déclarations de la Présidence belge, généralement longues et faites souvent en deux langues, prennent beaucoup de temps et ôtent d'autant la possibilité au président de la Commission de procéder à des échanges avec les journalistes. Répondant à une question, Jonathan Faull a indiqué qu'il était "sûr" que d'autres Commissaires partagent l'avis de M. Prodi. Pour ce dernier, une conférence de presse doit débuter par de "courtes déclarations" de la Présidence du Conseil et de la Commission pour laisser suffisamment de temps aux questions des journalistes. Reste que pour la Commission, l'incident de Gand ne traduit pas une perte de poids politique: "de 95 à 98 et peut-être 99 % du travail réalisé à Gand était basé sur les préparatifs de la Commission, en collaboration avec la Présidence belge", a noté le porte-parole, qui a aussi assuré que MM. Prodi et Verhofstadt "s'entendent bien" et peuvent très bien coopérer.