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Bulletin Quotidien Europe N° 8074
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/sommet de gand

Mme Fontaine insiste sur l'aide humanitaire que l'UE doit déployer pour la population afghane à l'approche de l'hiver

Gand, 19/10/2001 (Agence Europe) - Dans son discours devant les chefs d'Etat et de gouvernement à l'ouverture du Conseil européen informel de Gand, la présidente du Parlement européen, Nicole Fontaine, a longuement évoqué les répercussions des attentats du 11 septembre dernier. «Après l'unanimité de l'émotion et de la solidarité, nos opinions publiques sont en attente de votre part, d'une première évaluation, qui soit européenne, des actions qui sont déployées en Europe et à travers le monde », a-t-elle dit en précisant que cette évaluation est souhaitable à trois niveaux: militaire, humanitaire et politique. Evoquant tour à tour les volets humanitaire et politique, elle a souligné que les organisations humanitaires craignent la famine et « la mort quasi certaine » pour près de dix millions d'adultes, d'enfants, de vieillards en Afghanistan, si des dispositions ne sont pas prises pour acheminer des vivres, des couvertures, des tentes et des médicaments avant l'arrivée prochaine de l'hiver. Elle a souhaité un « message très fort » des Quinze s'engageant à mobiliser dès maintenant tous les moyens qui sont nécessaires pour être en mesure d'assurer à temps, avec la collaboration des organisations humanitaires, « la survie hivernale de la population, et non pas seulement de manière parcellaire, mais à la hauteur du problème de masse qui est posé ». « Vous pouvez compter sur l'appui du Parlement européen qui entend, à travers le budget communautaire, que des moyens financiers d'importance soient mis en oeuvre pour venir en aide à une population desespérée », a-t-elle ajouté. L'Union devrait aussi affirmer sa volonté d'être aux avant-postes de la reconstruction du pays, « dès que le retour de la concorde et de la liberté le permettront », a poursuivi Mme Fontaine avant d'expliquer que « ce qu'il faut rendre possible, dans le respect de la volonté des Afghans eux-mêmes, ce n'est pas une union nationale de façade, c'est un gouvernement qui soit durablement capable de cohésion, donc représentatif de tous les groupes ethniques et qui respectent les valeurs universelles de la personne humaine, valeurs que les talibans et ceux qui les ont servis, ont constamment bafouées ». A titre personnel, elle a déclaré qu'il serait « dangereux d'entretenir dans les esprits l'éventualité de frappes susceptibles d'atteindre d'autres pays que l'Afghanistan ». Et d'ajouter: « Toute menace latente qui serait perçue comme unilatérale, ou a fortiori comme prétexte, contre d'autres Etats, ne pourrait qu'introduire la confusion sur la finalité de la coalition qui perdrait alors de sa force. Elle ne pourrait qu'accroître des ressentiments collectifs et conduire à la dissociation de l'union internationale sacrée qui a suivi les attentats du 11 septembre ». Après avoir insisté sur la nécessité de renforcer la solidarité Nord-Sud et le dialogue euroméditerranéen, Mme Fontaine a une nouvelle fois plaidé pour la relance du processus de paix au Proche-Orient. Evoquant sa rencontre avec Yasser Arafat, mardi dernier à Dublin, elle a souligné que celui-ci a insisté pour l'envoi d'observateurs de l'UE sur place et elle a proposé que le Conseil européen envisage d'accroître le nombre d'experts européens chargés du suivi sécuritaire qui sont déjà présents en tout petit nombre. « Je peux vous dire qu'ils sont déjà, aux yeux de M. Arafat, des modérateurs importants ».

«Nos concitoyens attendent de cette réunion du Conseil européen (…) une réponse européenne » à la nouvelle menace chimique ou bactériologique, a affirmé Mme Fontaine qui a suggéré qu'un Conseil exceptionnel des ministres de l'Intérieur et de la Santé se tienne prochainement et adopte des mesures concrètes et communes, en particulier dans le domaine médical et de la protection civile. La présidente du Parlement a aussi fait part de son inquiétude face aux incertitudes qui planent sur les propositions en discussion concernant le mandat d'arrêt européen et la définition commune des crimes de terrorisme et elle a regretté que le Conseil n'ait pas pu trouver pour l'instant les compromis nécessaires.

Nicole Fontaine a aussi évoqué:

l'introduction de l'euro et les paiements transfrontaliers: soulignant que le Parlement devrait logiquement adopter en novembre « sans amendement notable » la proposition de la Commission (voir EUROPE du 18 octobre, p.16 sur le rapport Peijs), elle a estimé qu'il serait « hautement dommageable que le Conseil ne parvienne pas à lever les objections que certains Etats membres opposent au texte et notamment ceux qui invoquent la pratique encore massive du paiement par chèques et le fait que ceux-ci sont actuellement gratuits ». Ces Etats, dont la France, redoutent que les banques n'en profitent pour imposer les chèques payants mais, a dit Mme Fontaine, « on voit mal comment les exceptions nationales fondées sur la gratuité du chèque et, en contrepartie, la non rémunération des comptes courants, pourront résister longtemps au développement de la concurrence interbancaire ». Elle a aussi souhaité un engagement plus fort des responsables politiques dans la défense de l'euro au moment de son introduction: « On ne dit pas assez, dans tous nos Etats, à la fois ce que l'euro a déjà apporté, et notamment la stabilité de la concurrence intra-communautaire, et ce qu'il apporte en ce moment pour mieux résister ensemble au choc de la crise mondiale nouvelle ».

la prochaine Convention : en reprenant les termes d'une lettre envoyée par le président de la commission des affaires constitutionnelles, Giorgio Napolitano (Democratici di Sinistra), au ministre belge des Affaires étrangères, Louis Michel, la présidente du Parlement a notamment insisté sur la nécessité de « rechercher le consensus sur un projet cohérent, ce qui n'exclut pas, sur certains points, de présenter des alternatives minoritaires ». « L'avenir de l'Union préoccupe tous nos concitoyens. L'expérience de Nice a démontré qu'ils veulent que des propositions claires leur soient présentées », a-t-elle ajouté avant de plaider pour « une représentation adéquate et donc bien proportionnée des élus dans la future Convention ».

Devant la presse, Nicole Fontaine a dit que son discours avait été bien accueilli par les chefs d'Etat et de gouvernement, qui avaient en particulier mis en exergue: - les efforts faits par le Parlement pour permettre une intensification de la lutte contre le terrorisme (exemple, la directive sur le blanchiment d'argent) ; - l'importance de faire des progrès réels dans « l'Europe de la justice » (il en va de la « crédibilité » de l'Union) ; - la nécessité que l'aide humanitaire à l'Afghanistan soit à la mesure des besoins (le porte-parole de Mme Fontaine, Jacques Nancy, a rappelé que la commission « développement » du PE tient le 7 novembre une audition à ce sujet ). "Ma proposition de tenir une réunion extraordinaire des ministres de l'Intérieur et de la Santé sur les dangers de bioterrorisme ne me semble pas avoir suscité des objections", a-t-elle répondu à une question, en espérant que l'idée soit suivie des « mêmes effets » que sa suggestion (qu'elle avait été la première à faire) de tenir un Conseil européen extraordinaire après les attentats du 11 septembre.

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