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Bulletin Quotidien Europe N° 8073
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/sommet de gand/commission

La coalition contre le terrorisme doit aller de pair avec une coalition "pour le développement", dit M. Prodi, qui se prononce pour un "renouvellement" du processus de Barcelone - Message positif sur la "résistance" de l'économie de l'UE aux chocs

Bruxelles, 18/10/2001 (Agence Europe) - L'Union européenne a réagi avec rapidité et détermination aux attentats du 11 septembre, "sous la direction de la Présidence belge et de la Commission", a affirmé jeudi le Président de la Commission européenne Romano Prodi dans sa conférence de presse précédant le Conseil européen de Gand, tout en soulignant: "la coalition contre le terrorisme doit aller de pair avec une coalition pour le développement, et l'Union doit jouer un rôle d'entraînement" à cet égard. "Ce ne sera pas un sommet sur le terrorisme", a dit M. Prodi en répondant à des questions, et en évoquant parmi les autres thèmes de Gand l'élargissement (la Commission ne change "même pas une virgule" du calendrier des négociations d'adhésion, alors que les attentats ont suscité ça et là des hésitations à ce sujet, a-t-il dit) et l'introduction de l'euro (à 74 jours de l'arrivée de la monnaie unique, il faut que les chefs d'Etat et de gouvernement eux-mêmes "s'engagent concrètement pour favoriser son succès", a-t-il dit). Cela dit, M. Prodi a surtout évoqué devant la presse les suites de cette crise, en soulignant:

- ses "considérables conséquences pour les priorités de politique étrangère de l'UE". M. Prodi a évoqué le dialogue avec le monde arabe et le monde islamique, le processus de paix au Proche-Orient (en regrettant que la paix "soit plus éloignée", après le "pas en arrière" que constitue l'assassinat du ministre israélien -démissionnaire- du tourisme), le processus de Barcelone, qui doit être "renouvelé" (en particulier en encourageant la coopération régionale, afin de créer des "unités économiques fortes", a-t-il ajouté en répondant à des questions), la coopération avec le Pakistan, l'Inde, l'Iran, ainsi qu'avec l'Arabie saoudite et les pays du Golfe.

- les "notables répercussions sur les perspectives économiques". M. Prodi, qui a écrit une lettre aux participants au Sommet accompagnée d'un rapport sur ces répercussions (voir plus loin), a relevé, au-delà des incertitudes sur l'avenir, aussi quelques éléments positifs, comme le fait que l'économie européenne, contrairement à celle des Etats-Unis, "n'a pas de déséquilibres commerciaux, et a une plus grande tendance à l'épargne", que l'inflation est en baisse, que les réformes structurelles sont en cours et qu'il y a eu une considérable consolidation budgétaire, qui ouvre une marge de manoeuvre dans la phase de ralentissement (mais pas de récession) en cours. A la question de savoir si ceci signifie que le moment est venu pour la BCE de réduire les taux d'intérêt, M. Prodi a répondu: nous n'avons pas l'intention d'interférer avec les décisions de la Banque centrale, et notre tâche consiste simplement à créer des conditions dans lesquelles elle "puisse se sentir tranquille en ce qui concerne l'inflation et les équilibres macro-économiques". En répondant à d'autres questions, M. Prodi a aussi souligné que la Banque européenne d'investissement sera appelée à jouer un plus grand rôle en faveur de l'investissement (même si, a-t-il noté, dans l'avenir immédiat la variable la plus significative, c'est la consommation). Sur le plan économique, le message que M. Prodi entend adresser au Sommet est un message sur "la résistance" de l'économie européenne, et sur la nécessité de suivre avec une grande attention l'évolution de cette économie et d'être prêts à agir si elle devait changer. Ce qui compte, c'est que consommateurs et producteurs voient qu'il y a quelqu'un qui contrôle la situation et qui a la volonté d'utiliser tous les instruments possibles, et que ces instruments sont les bons, a-t-il conclu.

Sommet franco-germano-britannique à Gand - Rôle de la Commission - Aide à l'Afghanistan

En répondant à des questions, M. Prodi a par ailleurs évoqué:

- la PESC, la politique de défense, le sommet Chirac-Schröder-Blair qui se tiendra vendredi à Gand, une heure avant le Conseil européen, et qui portera sur la situation internationale, et notamment l'Afghanistan. Il s'agit d'une réunion d'une nature "purement volontaire", et pas d'un "pré-sommet", a constaté M. Prodi. Je "regrette évidemment que certains pays, et pas d'autres" n'aient pas été invités à participer, a-t-il répliqué à une question sur l'Italie. De telles initiatives signifient-elles l'échec de la PESC? Là, M. Prodi s'est fâché: la PESC n'est pas de ma compétence, et "là où les tâches étaient les nôtres, nous avons agi en harmonie (...). L'Europe, c'est ça". Serait-il souhaitable que la Commission ait à terme une compétence aussi en matière de sécurité et de défense? Je pense qu'à long terme il faudra une "unification de ces compétences", a répondu M. Prodi, en soulignant qu'il prenait au sérieux la précision "à long terme" car, a-t-il dit, "je sais que c'est un très long processus".

- le rôle "quasi nul" que la Commission aurait dans la préparation des Conseils européens. M. Prodi s'est fâché une deuxième fois. Ceux qui font de telles remarques devraient savoir à partir de "quand" la Commission s'est affaiblie, a-t-il lancé, en ajoutant: ce n'est certainement pas dans les derniers trois ans, ce n'est pas de cette période que date la "fragmentation de l'action européenne". Au cours des dernières années, aucun Commissaire "n'a joué un rôle centrifuge", a-t-il martelé.

- le largage d'aide en Afghanistan. Ce n'est pas la méthode de la Commission, et nos experts, tout en reconnaissant qu'elle peut être utile dans des cas d'extrême urgence, m'en ont souligné les inconvénients, a indiqué M. Prodi, en constatant que cette forme d'aide ne peut pas être "ciblée" sur ceux qui en ont le plus besoin, puisque ceux qui s'en emparent le plus facilement sont "les jeunes, les gens en forme, qui courent, et surtout les soldats...".

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