Bruxelles, 18/10/2001 (Agence Europe) - La Commission européenne a publié mardi le rapport complet du dernier "Eurobaromètre" réalisé en avril et mai, dont elle avait déjà révélé certains résultats au mois de juillet. A l'époque, elle avait souligné la relative stabilité des réponses des citoyens aux questions traditionnellement posées, à savoir l'appartenance de leur pays à l'UE, leur confiance dans les institutions européennes, leur niveau de soutien à la PESC, à la PESD et à l'euro et la pertinence de l'élargissement. Elle avait également relevé une légère montée de l'indifférence des citoyens envers leur appartenance à l'UE (voir EUROPE du 18 juillet, p. 4). Le rapport complet ajoute quelques résultats complémentaires intéressants, parmi lesquels ceux portant sur:
Le soutien à une Constitution européenne. Dans les quinze Etats membres, la majorité du public soutient cette idée. Néanmoins, le niveau de soutien oscille entre 76 % en Grèce et 42 % au Danemark (Italie 75 %, Pays-Bas 70 %, Belgique 67 %, Suède 65 %, France 64 %, Allemagne 63 %, Autriche 61 %, Espagne 59 %, Luxembourg 57 %, Irlande 56 %, Portugal 55 %, Finlande 49 %, Royaume-Uni 44 %). La proportion d'indécis est importante et va de 13 % en Grèce à 47 % au Royaume-Uni: par conséquent, le niveau d'opposition catégorique à une Constitution est faible, sauf au Danemark (37 %) et en Finlande (32 %).
La prise de décision dans une Union élargie. A la question de savoir "comment les décisions de l'UE doivent-elles être prises après les prochains élargissements ?", 48 % des Européens sont pour le vote à la majorité, contre 35 % qui préfèrent l'unanimité. Les Néerlandais sont de loin les plus enclins à se prononcer en faveur du vote à la majorité (68 %); ils sont suivis par les Belges (57 %), les Finlandais (55 %), les Danois (54 %), les Allemands et les Suédois (52 %), les Français (51 %) et les Luxembourgeois (50 %). La Grèce reste le seul pays où plus de la moitié (60 %) de l'opinion se prononce en faveur de l'unanimité. Par rapport à l'année dernière, le vote à la majorité a nettement gagné en popularité en Belgique (+4), aux Pays-Bas (+4) et en Finlande (+3). L'Italie (+10) et la Grèce (+9) sont les deux seuls Etats membres où le soutien au vote à l'unanimité a augmenté de manière significative.
Le dialogue sur l'Europe. L'Eurobaromètre indique que seulement 26 % des citoyens de l'Union seraient intéressés à prendre part à un dialogue sur l'Europe, contre 62 % qui déclarent ne pas être intéressés. Les niveaux d'intérêt varient sensiblement d'un pays à l'autre, de 50 % en Grèce à des chiffres sous cette barre, partout: Danemark (36 %), la Suède (33 %), la France (32 %), le Portugal et l'Italie (tous deux 30 %). La Finlande (76 %) et la Belgique (73 %) sont les plus enclines à indiquer qu'elles ne sont pas intéressées. Parmi les personnes intéressées, 48 % le sont pour pouvoir exprimer leurs points de vue sur la manière dont l'Europe prend forme, 43 % pour avoir des échanges avec leurs concitoyens et 37 % avec des personnes d'autres pays de l'UE, 36 % parce qu'ils s'intéressent aux questions européennes et 35 % pour avoir des échanges avec des hommes politiques de leur pays.
La mondialisation. A la question "à qui faites-vous le plus confiance pour contrôler les effets de la mondialisation ?", les citoyens répondent très majoritairement, en moyenne (36 %): à l'Union européenne (contre 25 % à leur propre gouvernement). L'UE est ainsi l'institution dans laquelle les Européens ont le plus confiance pour contrôler les effets de la mondialisation, sauf en France et au Royaume-Uni. En France, les citoyens se font majoritairement confiance à eux-mêmes, tandis qu'au Royaume-Uni la population a tendance à s'en remettre à son gouvernement national. La part des sondés qui ont choisi l'UE varie de 18 % au Royaume-Uni à 50 % aux Pays-Bas; celle de ceux qui ont choisi leur gouvernement national va de 14 % en Italie et en Suède à 37 % au Luxembourg; celle des sondés qui s'en remettent à eux-mêmes varie de 13 % en Irlande à 35 % en France.