Bruxelles, 08/10/2001 (Agence Europe) - Le Haut Représentant pour la PESC, Javier Solana, a indiqué qu'il avait été informé dimanche après-midi par le Secrétaire d'Etat américain Colin Powell de l'action militaire que les Etats-Unis allaient lancer en Afghanistan, et qu'il en avait informé à son tour la Présidence du Conseil de l'UE "immédiatement après". Cette action "légitime", non seulement contribuera à faire du monde un lieu plus sûr, mais donnera au peuple afghan une meilleure chance de déterminer son propre avenir", a affirmé M. Solana, en notant que ce peuple "a été mal servi par le régime taliban, et mérite mieux".
Quant au Président de la Commission européenne Romano Prodi, il a souligné dans une déclaration que "nous sommes unis et nous le resterons, dans ce combat qui vise non pas des peuples ou des religions, mais ceux qui ont frappé les fondements mêmes de la civilisation". Et il a ajouté qu'il avait demandé à Chris Patten de "mettre en oeuvre immédiatement la coordination des actions externes relevant des responsabilités de la Commission européenne", afin de mobiliser l'aide humanitaire de l'UE dès lundi soir (voir autre nouvelle).
Les Etats-Unis ont "engagé une riposte qui me semble appropriée et ciblée", a estimé la Présidente du Parlement européen NicoleFontaine, pour qui il est "extrêmement important qu'une action humanitaire d'envergure en faveur de la population afghane soit menée en même temps". Mme Fontaine a assuré que le Parlement européen "utilisera ses compétences budgétaires afin d'amplifier l'action de l'UE en ce sens", et a répété qu'il est "capital que l'ensemble des responsables politiques, mais également religieux et culturels, joignent leurs efforts afin que ce conflit ne soit pas perçu comme une guerre entre civilisations" (voir plus loin, au sujet de la réunion extraordinaire du Forum parlementaire euro-méditerranéen).
Le Président du groupe socialiste du PE, Enrique Baron, a dit que pour les socialistes européens les opérations militaires américaines "contre des objectifs militaires en Afghanistan" sont légitimes, "selon les règles internationales qui autorisent un pays à se défendre s'il a été agressé", et qu'elles doivent aller de pair avec une programme humanitaire, qui "doit faire partie intégrante de cette riposte".