Bruxelles, 27/09/2001 (Agence Europe) - La zone euro devrait connaître une croissance de 1,8% en 2001, suivie d'un rebond à 2,2% en 2002, estime avec prudence le Fonds monétaire international (FMI) dans son rapport semestriel publié mercredi. Le FMI table sur une croissance de 0,8% en 2001 et de 1,8% en 2002 (contre des prévisions antérieures de 1,9% et 2,6%) en Allemagne, de 2,0% en 2001 et 2,1% pour 2002 pour la France (contre 2,6% escomptés auparavant), de 1,8 % et de 2% en Italie, et de 2,0% en 2001 et 2,4% en Grande-Bretagne. « Si la reprise mondiale est plus lente que prévu et si la confiance des consommateurs continue de s'affaiblir », à la suite des attentats, la zone euro ne pourra pas s'en tirer à si bon compte aux yeux du FMI. « Les derniers indicateurs prouvent que l'activité et la confiance continuent de s'affaiblir dans les grands pays de la zone. Or, à l'inverse des Etats-Unis, il y a relativement peu de mesures d'assouplissement pour compenser » cette faiblesse, peut-on lire dans le rapport. Pour le FMI, qui prévoit aussi un taux de chômage qui se stabilise au-dessus de 8%, « les perspectives de croissance de la zone euro sont relativement décevantes ». Et le Fonds de marteler une nouvelle fois la nécessité de lancer des « réformes structurelles » notamment en ce qui concerne le « marché de l'emploi ».
Le FMI se félicite toutefois des mesures prises par la BCE (baisse des taux d'intérêt), de la baisse des impôts décidée dans certains Etats membres qui ont contribué à soutenir la consommation. Il ajoute que la demande pourra aussi être renforcée grâce au « repli des prix pétroliers », à un « taux de change de l'euro toujours favorable », et à « la perspective d'un modeste renforcement de l'activité aux Etats-Unis ». Selon le FMI, il existe, pour la BCE, « une marge de baisse supplémentaire des taux d'intérêt si la demande devait encore s'affaiblir et si les perspectives d'inflation demeuraient favorables ». Il écrit dans son rapport que « l'inflation de la zone, qui avait atteint un pic en mai à 3,4% avec la flambée des prix du pétrole et des prix alimentaires, devrait repasser sous la barre de 2% en 2002 ». Son pronostic rejoint donc celui de la BCE. Un nouvel assouplissement monétaire dépendra de « la poursuite de la modération salariale » en particulier en Allemagne, et « des perspectives de taux de change de l'euro », estime le Fonds.
Le FMI constate que trois grands pays de la zone, l'Allemagne, la France et l'Italie, « auront des difficultés à respecter leurs objectifs » de réduction des déficits publics, mais il estime qu'un « durcissement de la politique budgétaire serait généralement inadéquat à ce stade ». Dans ce tableau plutôt sombre, le FMI fait cependant état de progrès notamment en Grèce, où les perspectives sont meilleures (croissance de 4,3% en 2001 et de 3,8% en 2002). La croissance en Irlande devrait continuer sur sa lancée, avec 6,3% prévus cette année puis 4,9% l'année prochaine. Le Fonds prévient qu'il « est essentiel de maintenir la crédibilité du cadre fixé par le pacte de stabilité » qui impose à moyen terme aux Etats membres de parvenir à des budgets en équilibre ou en excédent, compte tenu des « défis que posent aux finances publiques européennes le vieillissement de leur population ». La solution de ce « dilemme » consisterait, pour eux, à respecter « leurs objectifs de dépenses publiques » plutôt que de se concentrer sur l'équilibre des budgets.
Le FMI rappelle que « le ralentissement de la croissance dans la zone euro avait déjà commencé au deuxième semestre 2000 (il était nettement plus marqué en Allemagne) et qu'il s'est poursuivi et intensifié en 2001 ». Parmi les causes avancées figurent: « la faiblesse de la demande intérieure due à la hausse des prix du pétrole et des produits alimentaires » et le « retournement des marchés d'actions, en particulier dans le secteur technologique ».