Bruxelles, 17/09/2001 (Agence Europe) - La présidente du Parlement européen Nicole Fontaine s'est dite consternée par l'attentat qui a coûté la vie du commandant Massoud, "la figure la plus emblématique de la résistance du peuple afghan". Cet attentat, dit-elle dans un communiqué, "confirme, si besoin était, la collusion du régime des talibans avec les réseaux terroristes internationaux", et relève "d'une même stratégie que ceux commis mardi à New York et à Washington". Mme Fontaine rappelle qu'elle avait invité le printemps dernier à Strasbourg le commandant Massoud, qui "avait accepté de venir pour la première fois en Europe, lui demander non pas de l'aider à faire la guerre, mais de l'aider à faire la paix" (voir EUROPE du 6 avril, p. 3). Ses demandes "auraient mérité à ce moment-là et depuis longtemps plus de soutien de la part des gouvernements occidentaux", affirme Mme Fontaine, qui regrette "profondément que nous n'ayons pas été capables d'aider cet homme courageux qui, pourtant, avait averti la communauté internationale des dangers imminents qu'elle encourait". Après avoir reçu le commandant Massoud et trois femmes afghanes sorties clandestinement de leur pays ,"j'avais appelé les gouvernements de l'UE à faire pression sur les pays qui soutiennent les talibans", rappelle aussi Mme Fontaine, qui regrette qu'il ait fallu les attentats aux Etats-Unis pour que "la communauté internationale songe à réagir", tout en soulignant que ce n'est pas le peuple afghan qui "mérite une nouvelle punition collective", mais les auteurs de "ces actes odieux" et leurs commanditaires. Le régime des talibans "ternit (...) l'image d'un Islam ouvert et tolérant", et doit "être mis au ban de la communauté internationale, comme on l'a fait pour celui des Khmers rouges, mais après trop d'attentisme et deux millions de morts", conclut Nicole Fontaine.
Interrogée lundi à la chaîne de télévision française LCI, Mme Fontaine a estimé que la riposte des Etats-Unis ne devrait pas être "une gesticulation" consistant à "bombarder la population civile et à laisser intact le régime taliban", car , ainsi, on jouerait "le jeu des terroristes qui ont voulu nous déstabiliser".