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Bulletin Quotidien Europe N° 8049
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/conseil agriculture

M. GabriËls espère que le débat sur les biotechnologies prévu ce mardi lors de la réunion informelle du Conseil donnera un coup de fouet à la recherche

Genk, 17/09/2001 (Agence Europe) - L'ancien ministre belge de l'Agriculture, Jaak Gabriëls, qui est l'instigateur du débat sur les biotechnologies prévu ce mardi à l'ordre du jour du Conseil informel Agriculture, a indiqué à EUROPE qu'il souhaitait que les Quinze s'engagent à investir davantage dans le domaine de la recherche sur les plantes génétiquement modifiées et la production d'énergie à partir de la biomasse. Il a estimé qu'il était regrettable que l'UE, contrairement aux Etats-Unis (et à l'Argentine et au Canada surtout), refuse volontairement d'exploiter les possibilités commerciales des biotechnologies appliquées à l'agriculture depuis qu'est imposé le moratoire sur les autorisations de mise sur le marché et de dissémination dans l'environnement des OGM. Il a soutenu que le Parlement européen serait prêt à demander la levée du moratoire, à condition toutefois que des règles harmonisées garantissant la traçabilité des aliments contenant des OGM soient mises en œuvre (ce qu'ambitionne la Commission européenne avec ses nouvelles propositions, voir EUROPE du 27 juillet, p.5). M. Gabriëls souhaite aussi que ce débat soit l'occasion de transmettre à l'opinion publique des données fiables, c'est-à-dire scientifiques, qui tranchent avec les campagnes de communications orchestrées dans les années 80 par les « groupes d'influence ». Il a affirmé que « tous les ministres conviennent » de l'importance de développer la production « d'électricité verte », et a expliqué qu'il fallait, pour ce faire, subventionner les agriculteurs (comme c'est le cas en Belgique) pour les surcoûts occasionnés par la production de biomasse.

Les discussions des ministres de l'Agriculture des Quinze devraient commencer vers 10h30 après la présentation, aux ministres, des contributions de cinq scientifiques représentant les cinq continents du globe. C'est à cette heure que M. Gabriëls laissera l'actuelle ministre belge de l'Agriculture, Annemie Neyts, exercer seule le rôle de la Présidence du Conseil et qu'il rapportera à la presse la teneur des discours des experts. Tout en insistant sur la nécessité et la sécurité des aliments transgéniques, le professeur chinois Zhang-Liang Chen, du laboratoire national de génie des protéines et de génie génétique végétal (université de Pékin), devrait rappeler qu'en 1998, la Chine a commercialisé des végétaux transgéniques, principalement du coton Bt résistant aux insectes ainsi que des variétés de piment doux et de tomate résistantes aux virus, mais que cette mise en circulation a été ralentie en raison du débat sur les questions environnementales et de sécurité alimentaire que soulèvent les plantes transgéniques. De fait, la Chine n'a donné le feu vert à la commercialisation d'aucune espèce végétale génétiquement modifiée appartenant aux principales cultures vivrières, à savoir le riz, le blé, le maïs et le soja. Pour le professeur africain John Monyo, de la FAO, des progrès rapides et très importants ont été accomplis dans l'application des biotechnologies modernes aux cultures vivrières et forestières (techniques de multiplication des plantes, diagnostic concernant les parasites et les maladies, création de plantes transgéniques présentant un rendement amélioré et une meilleure résistance aux maladies, recours aux marqueurs et aux cartes génétiques, à la génomique et à l'informatique dans la sélection des gènes). Selon lui, 24 % plantes transgéniques cultivées, comme le soja, le maïs, le colza et le coton, se situent dans des pays en développement. Il devrait souligner que parmi les pays opposés aux OGM, on trouve en particulier « ceux qui n'ont jamais eu à s'endormir le ventre vide ». « On ne doit pas refuser aux pays en développement les possibilités offertes par les biotechnologies et le génie génétique: une meilleure tolérance des cultures à la sécheresse, à la salinité et à la faible fertilité des sols », peut-on lire dans son projet de discours. Karen Dodds, directrice générale de la direction générale des produits des aliments de Santé Canada et dont le pays joue un rôle important pour harmoniser à l'échelle mondiale la méthode d'évaluation de l'innocuité des aliments issus de la biotechnologie, expliquera que depuis 1994, 50 produits végétaux génétiquement modifiés (blé, canola, soja et pomme de terre) ont franchi toutes les étapes de la procédure réglementaire nationale. Le professeur britannique Philip Dale du John Innes Centre (Norwich, Royaume-Uni), qui devrait insister sur les conséquences environnementales des cultures transgéniques, informera les ministres sur une expérience menée actuellement au Royaume-Uni, qui consiste à comparer les effets indirects de la culture de trois plantes transgéniques rendues tolérantes à certains herbicides. « Les cultures transgéniques pourraient atténuer ou aggraver l'impact de l'agriculture sur l'environnement. Elles l'aggraveront si elles font évoluer l'agriculture vers la monoculture. Elles pourraient en réduire les effets néfastes grâce à une maîtrise ciblée des parasites, maladies et mauvaises herbes et si les cultures transgéniques sont intégrées dans des pratiques agronomiques saines, qui favorisent la vie naturelle et la fertilité des sols sur les terres agricoles. On ne peut s'en remettre pour cela aux forces du marché », devrait-il ajouter. Enfin, Paul Dymock, représentant l'Océanie, devait insister sur le potentiel, les limites et la promotion de la biomasse produite à partir de bois, betterave, blé et sorgho.

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